Profil d'espèce

Polystic des rochers

Nom scientifique : Polystichum scopulinum
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Colombie-Britannique, Québec, Terre-Neuve-et-Labrador
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2005
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


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Image de Polystic des rochers

Description

Le polystic des rochers est une fougère vivace qui forme des touffes compactes. Son rhizome, ou tige souterraine, est court et robuste. Les frondes (feuilles composées de folioles) persistantes sont dressées et mesurent de 10 à 50 cm de longueur et de 3 à 7 cm de largeur. Elles sont pennées, ou divisées en folioles disposées de chaque côté de la nervure centrale, comme les barbes d’une plume. Les frondes comptent ainsi de chaque côté de leur axe central, ou rachis, de 20 à 40 folioles plus longues que larges, et arrondies aux deux bouts. Ces folioles sont découpées à leur tour en petits segments pointus et bordés de minuscules dents épineuses. Près du rachis sont insérées des structures rondes, appelées « sores », protégées par une membrane. Les sores sont des groupes de sacs contenant les spores, ces cellules reproductrices qui formeront des nouveaux individus en germant.

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Répartition et population

On trouve le polystic des rochers dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique et, de façon dispersée, dans l'ouest des États-Unis, jusque dans le Colorado, l'Arizona et la Californie vers le sud. Une population isolée a aussi été répertoriée dans le nord-est du Québec, et une autre dans l'ouest de l'île de Terre-Neuve. Il existe au Canada cinq populations connues du polystic des rochers. Les trois populations répertoriées en Colombie-Britannique se trouvent dans la région de la rivière Tulameen, au nord-ouest de Princeton dans le sud-ouest de la province. Au Québec, l’unique population connue se trouve sur le mont Albert, en Gaspésie. La population de Terre-Neuve a été répertoriée en 1950 dans la région de Humber West (mont North Arm), dans l'ouest de l'île. La situation actuelle de cette population historique demeure inconnue, malgré des recherches récentes quoique limitées. Les trois populations de la Colombie-Britannique comptent au total entre 5 et 400 individus. Toutefois, il est fort probable que d'autres individus occupent la même région, mais le terrain accidenté en rend l'accès extrêmement difficile. L'effectif total de l’espèce en Colombie-Britannique est demeuré stable entre 1996 et 2002. L'unique population québécoise est composée de 9 petites colonies situées à proximité les unes des autres et comptant au total environ 215 individus. Mais vu le caractère accidenté du terrain, il est possible que l'on puisse trouver d'autres individus dans la vallée du Diable ou sur le versant sud du mont Albert. On pense que la population est stable. On ne dispose pas d'information détaillée sur la population de Terre-Neuve, observée pour la dernière fois en 1950. Il se peut toutefois que cette population existe toujours, mais si tel est le cas, sa taille est probablement très limitée.

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Habitat

En Amérique du Nord, le polystic des rochers pousse dans un habitat spécialisé où le sol peu profond et riche en métaux lourds repose sur un substrat de roches constituées de fer et de magnésium ou d’un silicate de magnésium. Ces roches, dites « ultramafiques », sont principalement de l’olivine et de la serpentine. Elles offrent des sols alcalins secs à couvert végétal très clairsemé et dépourvus d’arbres. Bien que l'on trouve un certain nombre de ces affleurements rocheux dans l'ouest de la Colombie-Britannique, l'espèce occupe uniquement une bande située entre le mont Olivine et le mont Grasshopper, dans la vallée de la rivière Tulameen. On trouve habituellement sur ces versants une flore peu diversifiée, typique de ces milieux rocheux, qui contraste avec les forêts montagnardes denses avoisinantes dominées par le douglas. Au Québec, on ne trouve l’espèce que sur les pentes de la vallée du Diable orientées au sud, sur le flanc est du mont Albert, où la flore est également peu diversifiée. La population observée à Terre-Neuve occupait les pentes d'une crête rocheuse de serpentine orientées au sud.

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Biologie

On ne dispose que de peu d’informations sur la biologie du polystic des rochers. Les plantes adaptées à l’habitat de prédilection de cette espèce peuvent tolérer de faibles concentrations de calcium, d'azote, de phosphore et de molybdène, et de fortes concentrations de magnésium, de chrome et de nickel. Ces milieux rocheux sont aussi caractérisés par des sols peu profonds et une couverture végétale clairsemée, ce qui crée des microclimats plutôt secs, excluant de nombreuses espèces avoisinantes. Comme la plupart des fougères à frondes persistantes, le polystic des rochers conserve souvent un nombre considérable de spores mûres durant l'hiver, qu'il libère ensuite au printemps. En raison des conditions arides observées aux sites, conditions qui ne sont pas propices à la germination des spores ni à la fécondation, la reproduction se fait probablement le plus souvent par voie végétative, par l’allongement des tiges souterraines, ou rhizomes, ce qui donne souvent naissance à de grosses touffes d’individus identiques.

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Menaces

La principale menace qui pèse actuellement sur la population de polystic des rochers en Colombie-Britannique est l'exploration minière. Comme en témoigne la présence des concessions minières sur tous les affleurements de serpentine de la province, ces formations géologiques peuvent contenir des métaux précieux. L'aménagement routier ou les feux de forêt constituent d’autres menaces importantes pour les populations de la Colombie-Britannique. La plus grande de ces populations, soit celle du ruisseau Britton, est particulièrement menacée par l'amélioration éventuelle de la route, puisque l'endroit pourrait soit devenir un nouveau secteur de coupe forestière, soit servir pour la construction routière. Les feux de forêt constituent également une menace importante dans la vallée de la rivière Tulameen où on trouve d'importantes quantités de combustible au sol. Au Québec, on pense qu'une cueillette excessive a fortement réduit la population durant la première moitié du XXe siècle; cette menace n'existe toutefois plus aujourd'hui. Étant donné que certaines colonies se trouvent sur le parcours d'un sentier, le piétinement pourrait constituer une menace. Il est actuellement impossible de déterminer les menaces éventuelles pour la population historique de Terre-Neuve qui se trouve dans un endroit plutôt inaccessible.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Polystic des rochers est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Colombie-Britannique et à Terre-Neuve, l’espèce n’est protégée par aucune loi provinciale. La population québécoise se trouve dans un parc provincial (parc de la Gaspésie) et, en 1993, le gouvernement provincial a attribué à l'espèce le statut d'espèce menacée; l'habitat de cette population est ainsi protégé par la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec, interdisant de récolter des spécimens et de modifier l’habitat du polystic des rochers.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du polystic des rochers (Polystichum scopulinum) au Canada
État d'avancement : Versions proposées affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le polystic des rochers (Polystichum scopulinum) au Canada (2005)

    Le Polystichum scopulinum est une fougère cespiteuse vivace à rhizome court et robuste. Les feuilles (frondes) sont simplement pennées, persistantes, ascendantes, longues de 10 à 50 cm et larges de 3 à 7 cm. Les folioles (segments primaires des frondes), au nombre de 20 à 40 de chaque côté du rachis, sont oblongues avec des divisions (segments secondaires ou pinnules) aiguës et bordées de dents épineuses minuscules. Les sores (groupes de sporanges) sont ronds, insérés près de la nervure médiane et protégés par une indusie (membrane) entière ou frangée.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Polystic des rochers (2005)

    Il s’agit d’une fougère à l’occurrence très limitée observée sur les substrats de serpentine dans trois zones éloignées du Canada. Ces très petites populations sont en péril en raison des phénomènes stochastiques et,  en ce concerne les 3 populations de Colombie-Britannique, en raison de l’éventuelle exploitation minière pour des métaux précieux.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du polystic des rochers (Polystichum scopulinum) au Canada (2016)

    La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est la ministre compétente pour le rétablissement du polystic des rochers et a élaboré ce programme conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec les provinces de la Colombie-Britannique, du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador. L'article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou (2). Le ministère de l’Environnement (Ministry of Environment) de la Colombie-Britannique a dirigé l’élaboration du programme de rétablissement ci-joint du le polystic des rochers (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2005 (2005)

    Le rapport annuel de 2005 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : Novembre 2005 (2005)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 31 mars 2017