Profil d'espèce

Salamandre à petite bouche

Nom scientifique : Ambystoma texanum
Autres noms/noms précédents : Salamandre à nez court
Taxonomie : Amphibiens
Distribution : Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2014
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


Recherche avancée

Liens rapides : | Photo | Description | Répartition et population | Habitat | Biologie | Menaces | Protection | Programme national de rétablissement | Documents

Image de Salamandre à petite bouche

Salamandre à petite bouche Photo 1
Salamandre à petite bouche Photo 2

Haut de la page

Description

La tête de la salamandre à nez court est relativement petite et, comme son nom le suggère, son museau est court et étroit. Cette salamandre possède de petites dents disposées en au moins deux rangées. Son dos est noir ou brun très foncé et son ventre est noir avec quelques petites taches pâles. Ses flancs et sa longue queue sont marqués de taches pâles de couleur bleu gris, ressemblant à du lichen. Les larves de cette espèce ont une gorge pigmentée. Cette salamandre de taille moyenne atteint une longueur maximale de 17,8 cm. Les mâles sont plus petits que les femelles, avec une queue plus longue.

Haut de la page

Répartition et population

La salamandre à nez court se retrouve dans la plaine côtière depuis l'est du Texas jusqu'à l'ouest de l'Alabama, aux États-Unis, en passant par la Louisiane et le Mississippi et de là, vers le nord, jusque dans l'extrême sud-est du Michigan, le nord de l'Ohio et l'île Pelée, en Ontario. Au Canada, l’espèce occupe une zone d'occurrence ne s'étendant que sur 40 km2, soit la superficie totale de l'île Pelée, la plus grande île du Lac Érié. Considérée comme abondante, en 1991, l’espèce avait quand même été désignée comme vulnérable par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en raison de son aire de répartition très restreinte au Canada. Au printemps 2000, la salamandre à nez court a été retrouvée dans trois sites de reproduction existants dans le sud de l’île Pelée (Étang, Chemin Stone et Bois de la pointe Mosquito) et ce qui reste d'un habitat forestier environnant, soit une zone d'occupation ne faisant pas plus de 5 km2 ce qui constitue une forte réduction de son aire de répartition dans l’île. Deux des cinq lieux de reproduction qui existaient encore en 1991, soit celui du bois North End et l’étang des Guides situés sur les côtés nord et est de l’île, semblent avoir disparu. Ces anciens terrains boisés inondés où l’on retrouvait autrefois les fréquences les plus élevées de salamandres à nez court sont maintenant des terrains secs. Il est intéressant de préciser qu’on retrouve sur l’île Pelée des individus hybrides issus de la reproduction de cette espèce avec la salamandre à points bleus (voir section Biologie). Des données recueillies sur quelque 1 200 larves capturées de 1983 à 1991 ont démontré que ces hybrides constituaient 78 p. 100 des salamandres capturées sur les lieux de reproduction connus de l'île Pelée. Les données ont en outre révélé que la fréquence des espèces « pures », soit la salamandre à nez court et la salamandre à points bleus, en comparaison de la fréquence des divers types d’hybrides diffère pour chaque population. Comme il est très difficile de distinguer les salamandres à nez court de certains hybrides autrement que par des tests génétiques, la découverte d'un grand nombre d'oeufs, de larves ou même d'adultes permet de confirmer le succès de reproduction mais non d'estimer la densité d'individus de l'espèce. On sait toutefois que le succès de reproduction des hybrides femelles dépend de leur association avec des mâles de salamandres à nez court ou à points; la découverte de larves et de jeunes dans des populations dont on a établi qu'elles renfermaient seulement la salamandre à nez court prouve ainsi la persistance de l'espèce à cet endroit. À cause des difficultés que pose l'identification des salamandres à nez court sur le terrain, il est impossible d'établir la densité des populations « pures » de l'espèce et d'évaluer les tendances. À l’heure actuelle, nous ne possédons pas d’estimation de la taille des populations de salamandres à nez court dans l’île Pelée.

Haut de la page

Habitat

Au Canada, on retrouve la salamandre à nez court dans plusieurs types d’habitats humides, incluant les prairies à herbe longue, les forêts de feuillus denses et les terres agricoles offrant des aires de reproduction appropriées, tels des étangs et d’autres bassins naturels. Les éléments clés de l’habitat de cette espèce fouisseuse comprennent un sol friable pour creuser des terriers ainsi que des plans d’eau temporaires ou permanents sans poissons pour se reproduire. En dehors de la période de reproduction, les adultes passent la majeure partie de leurs journées cachés dans des terriers creusés soit par eux-mêmes ou par d'autres espèces, sous des troncs en décomposition, sous des roches ou sous les feuilles tombées sur le sol. Les larves sont aquatiques.

Haut de la page

Biologie

Au début du printemps, vers la fin mars ou le début d'avril, ces salamandres s'accouplent et pondent leurs oeufs dans des marécages et des étangs. La femelle pond normalement de 200 à 300 œufs, individuellement ou en petits amas, sur des feuilles mortes et des brindilles tapissant le fond de l'étang de reproduction. Au bout de 9 ou 10 jours, les œufs éclosent et donnent naissance à de petites larves. Trois mois plus tard, soit en juin et en juillet, a lieu la métamorphose : les larves se transforment en adultes terrestres. Les salamandres à nez court atteignent l'âge de reproduction deux ans après la métamorphose. Ces salamandres nocturnes ne migrent pas très loin puisque les étangs d'accouplement et les régions habitées par les adultes sont proches l'une de l'autre. Les larves et les adultes se nourrissent d'une variété d'invertébrés, dont les insectes. Nous ne connaissons pas la longévité des adultes en milieu naturel, mais ils vivent au moins 15 ans en captivité. Cette espèce présente une particularité intéressante. Comme d’autres espèces de salamandres du genre Ambystoma, elle comprend des individus hybrides issus du croisement d’une salamandre à nez court et d’une salamandre à points bleus. En fait, de nombreux individus triploïdes et quelques tétraploïdes, possédant respectivement un ou deux lots de chromosomes au lieu de deux, ont été identifiés dans l’île Pelée. On sait maintenant que la division et le développement des œufs des hybrides sont activés par les spermatozoïdes des mâles des espèces « pures » sans qu’il y ait fécondation.

Haut de la page

Menaces

À cause de sa répartition très limitée au Canada, l'espèce est particulièrement vulnérable à la dégradation de l'environnement, à une baisse de niveau de l’eau et à d'autres facteurs menant à la destruction de son habitat. Les secteurs nord et est de l'île Pelée ont connu diverses activités d'aménagement et les lieux qui accueillaient l'espèce par le passé semblent avoir disparu. L'abattage des arbres et l'enlèvement des troncs en décomposition nuisent aux salamandres; en effet, le couvert forestier retarde l'évaporation de l'eau des étangs de reproduction et des endroits inondés, et les troncs en décomposition servent d'habitat aux invertébrés dont se nourrissent les salamandres adultes. Une baisse du niveau de l'eau peut aussi avoir un effet néfaste sur les salamandres à nez court. Par exemple, le faible niveau d'eau dans le bois de la pointe Mosquito pourrait s’avérer problématique si le secteur s'asséchait trop vite ou que la chute de pluie ne suffisait pas à le maintenir inondé, surtout durant les mois critiques de mars à juillet (la période d'accouplement des adultes et de métamorphose des larves). Heureusement, le fait que la reproduction ait lieu la nuit et que les salamandres restent sous terre pendant la saison touristique réduisent les possibilités de capture d'adultes. Enfin, la compétition avec les hybrides en nombre croissant peut aussi devenir un facteur limitant, mais le maintien de ces hybrides dépend en partie de salamandres à nez court mâles.

Haut de la page

Protection

Protection fédérale

L'espèces Salamandre à petite bouche est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Deux des cinq étangs ou lieux de reproductions de la salamandre à nez court, soit le bois de la Pointe Mosquito et le site du chemin Stone, sont situés dans des réserves naturelles de l’île Pelée. Le bois de la pointe Mosquito, situé dans la réserve naturelle provinciale de la pointe Fish, qui fait partie du réseau des parcs provinciaux de l'Ontario, abrite la plus importante population de salamandres à nez court. Le site du chemin Stone se trouve quant à lui sur un terrain appartenant à la Fédération des naturalistes de l'Ontario et à l'Office de protection de la nature du comté d'Essex.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

Haut de la page

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

12 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la salamandre à nez court (Ambystoma texanum) au Canada – Mise à jour (2004)

    Dans la présente mise à jour du rapport de situation sur la salamandre à nez court présenté en 1991, nous réunissons toutes les données disponibles sur la répartition de l'Ambystoma texanum dans l'île Pelée, seul endroit au Canada où cette espèce est présente. Nous incluons des renseignements sur les localités de l'Ambystoma texanum, de l'A. laterale et de leurs hybrides génomiques diploïdes, triploïdes et tétraploïdes parce que : 1) l'identification de l'A. texanum, et la séparation de cette espèce des hybrides génomiques, est problématique; 2) les mâles de l'A. texanum et de l'A. laterale sont des donneurs de sperme contribuant à la pérennité des combinaisons d'hybrides génomiques. Bien que la présente mise à jour ne considère que la situation de l'A. texanum diploïde « pure », on peut estimer le nombre des rares mâles de l'A. texanum par examen des hybrides génomiques, plus communs.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Salamandre à nez court (2004)

    Espèce désignée « préoccupante » en avril 1991. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.
  • Sommaire du statut de l'espèce du COSEPAC sur la Salamandre à petite bouche Ambystoma texanum au Canada (2014)

    La distribution canadienne de cette salamandre se limite uniquement à l'île Pelée. L'entière aire de répartition canadienne n'est que d'environ 40 km2, et seulement trois sites de reproduction sont connus. Bien que l'espèce ait été évaluée « en voie de disparition » il y a 10 ans, il y a peu de nouveaux renseignements et de nouvelles menaces pèsent sur l'espèce. L'existence continue de la population est précaire à cause de la dégradation de l'habitat dans les sites de reproduction en milieux humides. La prédation et la destruction de l'habitat par des dindons sauvages récemment introduits constituent de nouvelles menaces pesant sur l'existence des salamandres sur l'île Pelée.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Salamandre à nez court (2004)

    Cette salamandre se trouve uniquement sur l'île Pelée au Canada. On la trouve dans une zone d'occurrence ne s'étendant que sur 40 km2 (superficie totale de l'île Pelée en effet). Elle n'occupe que trois sites de reproduction existants et ce qui reste d'un habitat forestier environnant, soit une zone d'occupation ne faisant pas plus de 5 km2. La salamandre a connu un déclin de l'aire, de l'étendue et de la qualité de son habitat et de la quantité d'emplacements sur l'île où elle peut se trouver. Les menaces à son existence comprennent la perte de milieux humides où elle se reproduit et les structures de drainage modifiées.
  • Énoncé de réaction - Salamandre à petite bouche (2015)

    La distribution canadienne de cette salamandre se limite uniquement à l’île Pelée. L’entière aire de répartition canadienne n’est que d’environ 40 km2, et seulement trois sites de reproduction sont connus. Bien que l’espèce ait été évaluée « en voie de disparition » il y a 10 ans, il y a peu de nouveaux renseignements et de nouvelles menaces pèsent sur l’espèce. L’existence continue de la population est précaire à cause de la dégradation de l’habitat dans les sites de reproduction en milieux humides. La prédation et la destruction de l’habitat par des dindons sauvages récemment introduits constituent de nouvelles menaces pesant sur l’existence des salamandres sur l’île Pelée.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2013-2014 (2014)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (octobre 2013 à septembre 2014), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 24 au 29 novembre 2013, et la deuxième, du 27 avril au 2 mai 2014. Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 0 En voie de disparition : 23 Menacées : 12 Préoccupantes : 20 Données insuffisantes : 0 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 25 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres - Janvier 2015 (2015)

    Le gouvernement du Canada est voué à prévenir la disparition des espèces sauvages en péril de nos territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à honorer cet engagement, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003. L'annexe 1 de la Loi, qui présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP, est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ». Les espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées qui figurent à l'annexe 1 bénéficient de la protection conférée par les interdictions et d’exigences en matière de la planification du rétablissement prévues à la LEP. Les espèces préoccupantes bénéficient d’exigences en matière de planification de la gestion. L'annexe 1 contenait initialement 233 espèces sauvages en péril et, maintenant, 521 espèces forment la liste. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 15 avril 2015 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations régulières; et le 15 octobre 2015 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations prolongées.Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises, veuillez consulter le site Web suivant : Registre public des espèces en péril
  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017