Profil d'espèce

Colin de Virginie

Nom scientifique : Colinus virginianus
Taxonomie : Oiseaux
Distribution : Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2013
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Description

Le colin de Virginie est un oiseau terrestre roussâtre, à queue courte et sombre, qui ressemble à un tétras ou à une petite gélinotte huppée. Le mâle se distingue par son mince collier noir, sa gorge et son sourcil blancs et la femelle, par sa gorge et son sourcil chamois moins voyants. Au printemps, le mâle est facile à repérer grâce à un bob-huit fort qu’il émet pour signaler sa présence.

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Répartition et population

Le colin de Virginie est présent du sud-est du Wyoming, aux États-Unis, jusqu'au Massachusetts vers l'est et, vers le sud, jusque dans l'est du Mexique et l'ouest du Guatemala. Au Canada, on signale sa présence seulement dans le sud de l'Ontario, où les populations naturelles semblent limitées à l'île Walpole et peut être à la terre ferme voisine. Dans le sud de la Colombie-Britannique et du Québec, on a remis en liberté des oiseaux élevés en captivité à divers endroits dans le but d’y établir des populations, mais sans succès. Dans le sud-ouest de l’Ontario, certains colins considérés comme des oiseaux sauvages sont probablement des individus issus de croisements avec des oiseaux relâchés. Avant l’arrivée des Européens, au début du XIXe siècle, il existait dans le sud-ouest de l’Ontario une petite population sauvage de colins de Virginie. Avec le déboisement graduel des forêts pratiqué par les colons, la population sauvage prend de l’expansion. Au milieu du XIXe siècle, la population atteint un pic, puis le nombre d'oiseaux et l'aire où il est réparti se mettent à diminuer peu à peu. Durant une bonne partie du XXe siècle, on tente de rétablir les populations en déclin en relâchant des colins de Virginie élevés en enclos. Cependant, le taux de mortalité des oiseaux d'élevage est très élevé, et on considère depuis peu qu'ils ne conviennent pas au rétablissement. À la fin des années 1970, trois hivers rigoureux successifs ont eu pour effet de réduire davantage la population. On évalue que la population a subi un déclin total de 99,9 p. 100 au cours des 30 dernières années. Il ne subsiste actuellement qu’une seule population naturelle et viable au Canada, sur l’île Walpole en Ontario, comptant de 200 à 250 oiseaux. L'espèce a subi des déclins semblables aux États-Unis.

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Habitat

Le colin de Virginie a besoin d'habitats découverts consistant en un mélange de prairies, de terres cultivées et de broussailles. En Ontario, l’oiseau est davantage associé aux champs cultivés plutôt qu'aux bords de prairies naturelles. Il a besoin de prairies pour faire son nid, se nourrir et se reposer en été. De la belle saison à l’automne, il doit aussi disposer de champs cultivés pour se nourrir, prendre des bains de poussière, se reposer et se percher. Enfin, il a besoin de broussailles denses pour se mettre à l’abri et se reposer tout au long de l’année et pour se nourrir durant l’automne et l’hiver. Par ailleurs, il ne suffit pas aux trois habitats d’être présents; ils doivent être mélangés de manière à ce que chacun soit situé non loin des deux autres.

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Biologie

Chez cette espèce monogame, le mâle et la femelle participent au choix de l’emplacement du nid, à sa construction, à la couvaison et au soin des oisillons. Le colin de Virginie fait son nid au sol dans un creux naturel peu profond tapissé de matières végétales qu'il dissimule en le recouvrant d'herbes et de vignes. La femelle pond en général de 12 à 16 œufs qu’elle couve durant 23 ou 24 jours. Six ou sept jours après l’éclosion, les oisillons couverts de duvet commencent à voler. Au Canada, le colin de Virginie n'a en général qu'une couvée par année. Des nids contenant des œufs ont été trouvés de la fin mai jusqu'à la mi-septembre, mais les chances de succès de la ponte ou de l'envol des oisillons diminuent avec le temps. En moyenne, le taux de mortalité au nid peut atteindre jusqu’à 70 p. 100. L’automne venu, environ quatre oiseaux sur cinq sont des jeunes. Le taux de survie annuel de l'espèce est d’environ 20 p. 100 en moyenne; si on ne considère que les oiseaux adultes, ce taux s’élève à environ 70 p. 100. Le colin de Virginie est une espèce sédentaire, et la plupart des individus ne s’éloignent qu’à moins d’un kilomètre du nid. Cependant, certains oiseaux se dispersent sur quelques kilomètres en automne, et on signale des déplacements allant jusqu’à 40 kilomètres.

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Menaces

La perte d'habitats au profit de l’agriculture intensive et de l’aménagement urbain est à l’origine du déclin des populations de colins de Virginie au Canada. De plus, la remise en liberté de colins élevés en captivité a probablement influencé la disparition de l’espèce. Jusqu’en 1997, avant l’adoption de la Loi sur la protection du poisson et de la faune en Ontario, la plupart des gens pouvaient obtenir des œufs de colin de Virginie, les incuber et remettre en liberté les oisillons. Les oiseaux élevés en captivité diffèrent nettement des oiseaux sauvages et sont probablement mal adaptés aux hivers et aux habitats canadiens. Étant donné que plusieurs petites populations éparpillées dans le sud de la province sont issues du croisement d’oiseaux élevés en captivité et d’oiseaux sauvages, il demeure possible que ces tentatives répétées de réintroduction aient affaibli les populations. Tant que les colins de Virginie disposaient d’habitats convenables, la chasse n’était pas considérée comme une cause du déclin des populations. Depuis que la gravité du déclin a été confirmée par des chasseurs, la chasse est interdite. Les chats errants semblent aussi constituer un problème dans la région. Enfin, des hivers rigoureux avec une épaisse couche de neige et des froids prolongés sont la cause de la suite du déclin de la population qui reste. Étant donné que l’espèce est sédentaire, on ne peut s’attendre à ce que des individus en provenance des États-Unis rétablissent les populations canadiennes.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Colin de Virginie est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Le colin de Virginie est protégé en vertu de la Loi sur la protection du poisson et de la faune de l’Ontario. Quoiqu’il s’agisse d’un gibier de choix à travers son aire de distribution en Amérique du Nord, sa chasse est interdite dans le sud-ouest de l’Ontario. Le colin de Virginie est aussi protégé en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Ce règlement stipule que « personne ne doit délibérément (a) tuer, blesser, perturber ou prendre, ou tenter de tuer, de blesser, de perturber ou de prendre… ou (b) détruire ou perturber, ou tenter de détruire ou de perturber l’habitat de toute espèce animale ou végétale, désignée menacée d’extinction par la règlementation.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Progrès et activités de rétablissement

Résumé des activités de rétablissement Il n’existe actuellement aucune activité de rétablissement pour le Colin de Virginie en particulier, mais cet oiseau bénéficie de plusieurs programmes de protection de l’écosystème, tel que le programme de sensibilisation aux espèces en péril de la région carolinienne du Canada, qui sensibilise le public aux espèces en péril de l’écosystème carolinien; le programme d’interprétation du Walpole Island Heritage Centre, qui fait la promotion des espèces sauvages et des écosystèmes importants sur l’île Walpole et le programme de sensibilisation du public à l’écosystème de Spring Garden Prairie en Ontario offert par le centre Ojibway. Adresses électroniques La biodiversité en Ontario : Espèces en péril :http://www.rom.on.ca/ontario/risk.php?doc_type=fact&lang=&id=110 [en anglais seulement] L’association Tallgrass Ontario :http://www.tallgrassontario.org/IndSpecies_NBobwhite.htm [en anglais seulement] Service canadien de la faune : Région de l’Ontariowww.on.ec.gc.ca/wildlife/wildspace/life.cfm?ID=NOBO&Page=Image&Lang=f

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

11 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Colin de Virginie (2003)

    Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1994. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2003. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation accompagnée d'un addenda.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Colin de Virginie (2004)

    Cette espèce dépend d'habitats de la prairie indigène et de vieux prés qui ont en grande partie disparu de son aire de répartition dans le Sud de l'Ontario. Sa population a radicalement diminué au cours des 30 dernières années et ne fait preuve d'aucun rétablissement important. Il n'existe peut-être qu'une seule population viable au Canada, sur l'île Walpole, en Ontario. La situation de cette espèce est compliquée par la présence de nombreuses populations introduites qui ne persistent habituellement pas et dont la composition génétique pourrait constituer une menace pour les populations indigènes.
  • Énoncé de réaction - Colin de Virginie (2013)

    En raison de la perte d’habitat, la population de cet oiseau de prairie a chuté considérablement relativement aux niveaux historiques et ne montre aucun signe de rétablissement. Il ne reste qu’une seule population viable au Canada, située sur l’île Walpole, en Ontario. La situation de cette espèce est compliquée par la présence d’oiseaux introduits élevés en cage dont la composition génétique représenterait une menace pour la population indigène restante.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret de prorogation du délai d'évaluation de la situation d'espèces sauvages (2006)

    Le délai prévu pour l'évaluation de la situation des espèces sauvages visées à l'annexe est prorogé pour une période de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de l'article 14 de la Loi sur les espèces en péril.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC – 2012-2013 (2013)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (octobre 2012 à septembre 2013), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 25 au 30 novembre 2012, et la deuxième, du 28 avril au 3 mai 2013. Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 73 espèces sauvages. Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2012-2013 sont les suivants : Disparues : 0 Disparues du pays : 2 En voie de disparition : 28 Menacées : 19 Préoccupantes : 19 Données insuffisantes : 4 Non en péril : 1 Total : 73 Sur les 73 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 50 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 26 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017