Profil d'espèce

Chénopode glabre

Nom scientifique : Chenopodium subglabrum
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Alberta, Saskatchewan, Manitoba
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2006
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


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Image de Chénopode glabre

Chénopode glabre Photo 1

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Description

Le chénopode glabre est une plante annuelle s’enfonçant peu profondément dans le sol. La plante est dressée et comporte de nombreuses branches ramifiées qui pointent vers le haut et atteignent de 20 à 80 cm de hauteur. Les feuilles vert pâle sont disposées en alternance autour de la tige. Elles sont charnues, marquées d’une seule veine et, comme le nom de l’espèce l’indique, glabre, c’est-à-dire dépourvues de poils, ou presque. Longues et étroites, les feuilles mesurent de 1 à 3 cm de longueur et de 1 à 2 mm de largeur en moyenne. Les fleurs sont petites, verdâtres ou rougeâtres, et rassemblées en petits épis lâches. Elles produisent des fruits secs, ou akènes, de couleur jaune à brun clair. Les akènes contiennent une seule graine noire et luisante, en forme de lentille, qui mesure de 1,2 à 1,6 mm de diamètre. Considéré jadis comme une variété du chénopode à feuilles étroites, le chénopode glabre se distingue de celui-ci notamment par l’absence de poils et ses graines mesurant plus de 1 mm de diamètre.

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Répartition et population

On trouve le chénopode glabre en Amérique du Nord, depuis le sud des Prairies canadiennes jusque dans l’Utah et le Colorado, et depuis l’État de Washington et le Nevada jusque dans le Dakota du Nord, le Dakota du Sud, le Nebraska et l’Iowa aux États-Unis. Au Canada, on retrouve le Chénopode glabre dans le sud de l'Alberta et dans le sud-ouest de la Saskatchewan et du Manitoba. En Alberta, l’espèce est représentée par neuf populations très dispersées, réparties entre six étendues de dunes : le lac Grassy, les dunes Middle, le lac Rolling Hills, Dominion, Medicine Lodge Coulee et le lac Pakowki. En Saskatchewan, l’espèce est répartie depuis Saskatoon en descendant jusqu’à Piapot, et depuis la frontière est de l’Alberta jusqu’à Caron. Les registres mentionnent 12 populations pour les dunes des localités suivantes : Dundurn, Birsay, Elbow, le lac Pelican, McMahon, Cramersburg, Broderick, Burstall et Piapot. Au Manitoba, l’espèce est répertoriée au lac Oak, situé dans les dunes Routledge, et dans le parc provincial Spruce Woods, situé dans les dunes Brandon. Ces deux sites sont considérés comme isolés puisqu’il n’y a aucune population connue ni aucun milieu propice à l’espèce dans l’est de la Saskatchewan. Si de nouvelles populations de chénopodes glabres ont été découvertes en Saskatchewan en 2004, en revanche quatre populations situées en bordure de la rivière Saskatchewan Sud et une autre répertoriée pour une étendue de sable dans un secteur où les dunes sont en grande partie recouvertes de végétation sont probablement disparues. En 2004, la population du chénopode glabre de la Saskatchewan a connu une augmentation significative de ses effectifs, provoquée probablement par les pluies abondantes qui sont tombées sur la région à la fin de l’été. En 1997 et 1998, on avait dénombré dans cette province quelques milliers d’individus, mais en 2004 la population atteignait probablement 8 400 individus. À la fin des années 1980, la population de l’Alberta comptait plusieurs centaines d’individus. Dans le site des dunes Dominion, on a recensé moins de 5 individus en 1987 et au moins 40 en 2004. L’espèce a également été observée au Manitoba, en 2004, dans les dunes Routledge, pour la première fois depuis 45 ans. On ne sait pas si, en 2004, le chénopode glabre a connu une explosion démographique ailleurs qu’en Saskatchewan, mais on peut le penser puisque les conditions climatiques ont été assez semblables dans l’ensemble des Prairies. Comme il s’agit d’une espèce annuelle, la taille des populations connaît de grandes variations d’une année à l’autre en fonction des conditions climatiques. Même si l’espèce n’apparaît pas certaines années, elle est probablement présente dans le réservoir de graines. C’est pourquoi il est difficile de dégager la tendance générale de l’ensemble de la population canadienne. Selon les estimations de 2006, l’effectif canadien de l’espèce se situait probablement entre 5 200 et 10 000 individus.

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Habitat

Au Canada, le Chénopode glabre croît dans des régions où le sable est instable. L’espèce est souvent une des premières plantes à coloniser les dunes actives, ou mobiles, et participe à leur stabilisation, un processus résultant de leur colonisation par la végétation. L’espèce pousse le plus souvent à la marge de dunes actives, parfois dans des plaines sableuses dénudées ou fraîchement perturbées, où elle pousse généralement sur les pentes érodées exposées au sud ou à l’ouest. On l’a également observée sur des bancs de sable de cours d’eau et des terrasses sableuses de plaines inondables. Les plus grandes populations se trouvent aux endroits où le sable est plus fin et plus compact. L’espèce pousse rarement en plein centre d’étendues de sable très mobile. Plusieurs espèces végétales sont souvent associées au chénopode glabre. Le raisin d’ours, l’armoise et le genévrier comptent parmi les principaux arbustes. Les facteurs de perturbation de la végétation stabilisante, comme le broutage, l’érosion et le feu, peuvent contribuer à la création de milieux propices au chénopode glabre.

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Biologie

Il existe très peu d'information au sujet de la biologie du chénopode glabre. Cette plante est une annuelle qui se reproduit par voie sexuée au moyen de graines. L’espèce fleurit de juin à août, et les graines se forment en août et septembre. Au Canada, l’espèce produit des fruits et des graines dans la plupart des sites où on l’a observée. Les graines peuvent demeurer viables plusieurs années et germent lorsque les conditions d’humidité sont favorables. Même si la germination des graines de cette espèce n’a pas été étudiée, la grande abondance des chénopodes observée en Saskatchewan en 2004, année où l’été a été exceptionnellement humide et frais, donne à croire que la germination est favorisée par l’humidité. Bien que la pollinisation n’ait pas été étudiée chez cette espèce en particulier, d’autres espèces de chénopodes sont autogames, c’est-à-dire que leurs fleurs sont pollinisées par leur propre pollen. Le vent serait responsable du transport du pollen. Comme toutes les plantes qui poussent dans des milieux à la fois sec et salé, le chénopode glabre possède des adaptations physiologiques qui lui permettent de survivre à l’excès de sel dans l’eau du sol et à la faible quantité d’eau disponible. Comme l’espèce est capable de coloniser les sables en mouvement, elle joue un rôle dans la stabilisation des dunes. On a observé des traces de broutage du chénopode glabre dans plusieurs sites de l’Alberta et de la Saskatchewan. Les sujets peuvent avoir été broutés aussi bien par le bétail que par des animaux sauvages. Le broutage provoque chez certains individus la production de pousses latérales. Les akènes et les graines du chénopode glabre ne possèdent pas de structures pouvant faciliter leur dispersion par le vent (par ex. des poils) ou par les animaux (par ex. des crochets ou un appendice charnu). Les fruits tombent probablement au pied de la plante mère. Une fois au sol, ils peuvent être ensevelis par le sable en mouvement. Comme chez plusieurs espèces annuelles rares des prairies, les graines du chénopode glabre peuvent demeurer en dormance jusqu’à ce que les conditions du milieu soient favorables à la germination. Les graines sont source de nourriture pour de petits rongeurs, comme le rat kangourou d’Ord, une espèce en péril au Canada.

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Menaces

L’habitat de l’espèce s’est rétréci de façon appréciable à mesure que les dunes ont été stabilisées. La stabilisation progressive des dunes, un processus résultant de leur colonisation par la végétation, est considérée comme une grave menace pour toutes les populations canadiennes du chénopode glabre. Outre la perte d’habitat, l’espèce est également menacée par la compétition exercée par des plantes exotiques. En effet, des mauvaises herbes exotiques sont présentes dans plusieurs sites de l’espèce et menacent d’envahir son habitat. Par exemple, le site se trouvant dans les dunes Barnwell, en Alberta, est en voie d’être envahi par le chiendent à crête et par différentes espèces de mélilots. Le broutage, peut-être à la fois par le bétail et par les animaux sauvages, constitue une menace pour certaines populations. Les grandes étendues de prairie naturelle situées à l’est des montagnes sont en majeure partie des pâturages. Des recherches récentes indiquent que la lutte contre les incendies de végétation et le pâturage auraient une incidence sur la stabilisation des dunes. En effet, l’effet combiné du feu et du broutage à certains moments de l’année contribuerait à maintenir les sables mobiles. La suppression des incendies constitue ainsi un autre facteur qui menace la survie de l’espèce. Dans le passé, les incendies d’origine naturelle ou provoqués par les humains jouaient un rôle important dans le maintien des prairies, en ralentissant le développement de plusieurs arbres et arbustes, tout en assurant la présence continue de sites propices à la germination et à l’établissement de plantes herbacées de pré, dont le chénopode glabre. L’exploitation pétrolière et gazière est en pleine expansion dans les dunes de la Saskatchewan. Au Manitoba, des infrastructures d’extraction de pétrole ont été construites juste à côté des dunes Routledge. En entraînant la destruction des dunes ou d’éventuels déversements de pétrole ou fuites de gaz, ce type d’activité risque de nuire à l’espèce. Les activités récréatives pratiquées dans les dunes risquent de détruire une partie de l’effectif du chénopode glabre. Certaines dunes sont l’objet d’utilisations récréatives intensives, comme l’équitation, la conduite de véhicule tout-terrain ou la randonnée pédestre. Ces activités entraînent la perte de végétation et la perturbation du sol.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Chénopode glabre est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Le chénopode glabre est protégé par des lois provinciales en Saskatchewan et au Manitoba. Trois des sites connus se trouvent dans des parcs de conservation, où l’espèce bénéficie d’une certaine protection. Deux de ces sites se trouvent en Saskatchewan, soit celui de Beaver Creek, situé dans les dunes Dundurn, et celui d’Elbow, dans les dunes du même nom se trouvant dans le parc provincial Douglas. Le troisième site se trouve dans le parc provincial de Spruce Woods, dans les dunes Brandon, au Manitoba.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du chénopode glabre (Chenopodium subglabrum) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement des plantes en péril des Prairies

  • Candace Neufeld - Président/Contact - Environnement Canada
    Tél. : 306-975-4101  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Chénopode glabre (Chenopodium subglabrum) au Canada ? Mise à jour (2006)

    Le chénopode glabre (Chenopodium subglabrum) est une annuelle de la famille des Chénopodiacées. Il possède une racine qui s’enfonce peu profondément dans le sol et de nombreuses tiges ascendantes ramifiées, atteignant de 2 à 8 dm de hauteur. Les feuilles sont alternes. Leur limbe est linéaire, uninerve, à marge entière, charnu et glabre (dépourvu de poils) ou presque. Les fleurs sont petites, verdâtres à rougeâtres, rassemblées en panicules lâches et feuillées de glomérules (petites masses rondes serrées) très espacés. Le calice, à lobes carénés, enveloppe le fruit. Les étamines sont au nombre de 2 à 5, et le pistil comporte deux stigmates. Le fruit, à péricarpe mince, renferme une seule graine en forme de lentille, à tégument noir et luisant.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Chénopode glabre (2006)

    Une herbacée annuelle avec des populations fluctuantes de taille relativement petite. L’espèce est limitée aux régions d’habitats sablonneux actifs dans le sud de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Les risques actuels pesant sur l’espèce comprennent la stabilisation des dunes, les espèces envahissantes, l’exploitation pétrolière et gazière ainsi que les activités récréatives.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du chénopode glabre (Chenopodium subglabrum) au Canada (2015)

    Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent en vertu de la LEP pour le rétablissement du chénopode glabre et a élaboré ce programme conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, ce programme a été élaboré en collaboration avec les gouvernements des provinces où l’espèce est présente – le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et la Colombie-Britannique; les gestionnaires des terres fédérales visées – le ministère de la Défense nationale (base des Forces canadiennes Suffield) et la Direction générale des services agroenvironnementaux (DGSA) d’Agriculture et agroalimentaire Canada.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2006 (2006)

    Le rapport annuel de 2006 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres: Décembre 2006 (2006)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 16 mars 2007 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 14 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Descriptions dans la Gazette du Canada sur l'habitat essentiel

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017