Profil d'espèce

Azolle du Mexique

Nom scientifique : Azolla mexicana
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2008
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


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Image de Azolle du Mexique

Azolle du Mexique Photo 1

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Description

L’azolle du Mexique est une toute petite fougère aquatique flottante qui mesure de 1 à 2 cm de diamètre. Cette petite plante annuelle est fortement ramifiée et ses minuscules feuilles charnues se chevauchent à la manière de bardeaux. Ses flotteurs, ces petites structures qui permettent à la plante de flotter, sont normalement au nombre de trois. Les structures sporifères, qui produisent des cellules reproductrices appelées « spores », sont portées sous la surface de l’eau. L’espèce forme de vastes tapis verts ou rouges à la surface de plans d’eau ou de petites étendues de terrain mouillé. Il est possible de confondre cette fougère avec les deux autres espèces d’azolles poussant en Colombie-Britannique, soit l’azolle fausse-filicule et l’azolle de Caroline. En général, l’azolle du Mexique se distingue par sa petite taille.

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Répartition et population

On retrouve l’azolle du Mexique dans diverses régions isolées les unes des autres de l’Amérique du Nord, de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud. Aux États-Unis, l’espèce est présente dans plusieurs états de l’Ouest et du Midwest. En Amérique du Sud, on l’observe au Pérou, au nord de la Bolivie et au Brésil. Au Canada, l’espèce n’est présente qu’en Colombie-Britannique. Les huit populations existant encore sont réparties entre trois secteurs du centre-sud de la province : le secteur de Little Fort, le secteur du lac Shuswap et la municipalité de Vernon. Depuis que l’espèce a été observée pour la première fois dans la province, en 1889, dix populations ont été signalées. En 2007, deux de ces populations étaient disparues, victimes de la construction routière et de l’urbanisation. Cependant, le nombre de populations connues a augmenté depuis 1984, alors que seulement quatre populations étaient signalées. La population canadienne totale compte probablement des millions de fougères minuscules chaque année. Comme cette espèce a tendance à former de grands tapis d’épaisseurs variables, il ne serait pas réaliste d’en dénombrer les individus pour établir l’effectif absolu des populations. Pour évaluer leurs fluctuations, la surveillance annuelle des superficies réellement occupées dans chaque site est à la fois plus facile et plus pratique. La superficie occupée par les populations change énormément d’une année à l’autre; l’espèce peut sembler absente d’un site certaines années, puis réapparaître au cours d’années ultérieures. La disparition d’une population peut être due à des fluctuations dans les propriétés chimiques ou la température de l’eau, aux précipitations, ou à l’assèchement de ruisseaux et d’étangs, tandis que sa réapparition peut être due à la germination des spores présentes dans le milieu à la faveur de conditions propices. Pour cette raison, on ne sait rien des tendances des populations, et des études plus approfondies étalées sur plusieurs années seraient nécessaires à cet égard. Il est possible, quoique fortement improbable, que des individus ou des spores de l’espèce soient transportés par la sauvagine sur 300 km à partir de l'état de Washington.

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Habitat

L’azolle du Mexique est une espèce aquatique qui se développe dans des eaux stagnantes. En Colombie-Britannique, elle pousse plus précisément le long des rives tranquilles des lacs, dans les méandres morts et les étangs, dans les prés humides voisins de réseaux de ruisseaux ainsi que dans les fossés. L’espèce privilégie les eaux dormantes fraîches, légèrement acides, partiellement ombragées, de faible salinité, riches en phosphore, mais pauvres en autres éléments nutritifs. Elle pousse bien dans les eaux peu profondes, de quelques centimètres seulement, particulièrement là où les racines peuvent atteindre le fond. L’azolle du Mexique est souvent entourée d’autres espèces aquatiques, comme le lenticule mineure, le lenticule trisulquée, la riccie flottante et l’alpiste roseau. Cette fougère est sensible aux changements du niveau et des propriétés chimiques de l’eau, ce qui peut l’empêcher d’occuper certains milieux qui par ailleurs sembleraient lui convenir. De façon générale, l’habitat propice à l’espèce demeure stable, puisqu’il se trouve en majeure partie dans des régions rurales ne présentant aucun risque immédiat de développement domiciliaire. Cependant, la construction de chemins et de routes a éliminé plusieurs des petits plans d’eau pouvant abriter l’azolle du Mexique en Colombie-Britannique.

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Biologie

L’azolle du Mexique est une fougère aquatique qui vit en symbiose avec une cyanobactérie, ou algue bleue, qu’elle héberge dans une cavité sur le dessus de ses feuilles. En plus de la protéger, la fougère fournit à la cyanobactérie des éléments nutritifs, tandis que celle-ci fixe de l’azote atmosphérique sous une forme assimilable par la fougère. La fougère se multiplie principalement par fragmentation, c’est-à-dire au moyen de fragments détachés produisant de nouveaux individus. Elle se reproduit également par voie sexuée, au moyen de spores. Ces cellules reproductrices sont produites par des structures appelées « sporocarpes », qui apparaissent en paires à l’aisselle des feuilles des vieilles plantes. Ces structures produisent deux types de spores, différant par leur taille et leur aspect. En Colombie-Britannique, le développement des sporocarpes est généralement associé à la formation d’un tapis et aux mois d’été. Une fois libérées, les spores coulent au fond de l’eau, où elles finissent par germer et produire de nouveaux individus. Les spores et les fragments sont dispersés principalement par le vent, les courants et la sauvagine et, de façon accidentelle, par les humains. La plante meurt ou se décompose à l’automne. Comme toutes les azolles, cette fougère est consommée par de nombreux types d’insectes, dont les papillons, les mouches, les coléoptères et les pucerons, ainsi que par les escargots. L’azolle du Mexique peut tolérer une eau légèrement salée, mais ne survit pas à une salinité trop élevée. De plus, elle résiste mal à la dessiccation et à des températures élevées, mais résiste généralement au froid, quoique le gel de la surface de l’eau peut la tuer.

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Menaces

En Colombie-Britannique, la construction routière constitue une importante menace pour l’espèce. La plupart des populations canadiennes d’azolle du Mexique se trouvent le long de routes ou dans des zones accessibles au public où l’impact des travaux routiers voisins, des déversements chimiques et du développement foncier menace les milieux humides et les propriétés chimiques de leurs eaux, ce qui pourrait à la limite détruire des populations entières. Une population a d’ailleurs été détruite par les travaux de remblayage liés à la construction d’une route, au sud de Darfield. De plus, comme la plante est sensible à la salinité, elle est menacée par l’utilisation de sel de voirie et par le ruissellement de sel ou d’autres substances toxiques. L’urbanisation, et plus spécifiquement le développement domiciliaire, menace directement les populations situées dans les secteurs de Sicamous et de Vernon. Dans le secteur du lac Shuswap, qui connaît une urbanisation modérée, un des sites de l’espèce a été détruit. L’eutrophisation des eaux constitue une autre menace pour plusieurs populations canadiennes. Ce phénomène, qui amène une prolifération des algues suite à un apport excessif de certains nutriments, tels que le phosphore, est visible sur le rivage de Salmon Arm. Mais on ne connaît pas l’effet réel de l’eutrophisation sur cette azolle. Les espèces envahissantes constituent une autre menace. L’empiétement de l’alpiste roseau était manifeste sur le site du rivage de Salmon Arm. Enfin, le risque de déversement à partir de la voie de chemin de fer voisine de deux des populations de Salmon Arm est faible, mais un tel événement aurait un impact appréciable sur les milieux humides avoisinants et sur la petite fougère.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Azolle du Mexique est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Colombie-Britannique, l’azolle du Mexique n’est protégée par aucune loi provinciale. Cependant, une des populations canadiennes se trouve dans le parc provincial Dunn Peak et est protégée en vertu de la Park Act de la Colombie-Britannique, qui interdit certaines activités comme l'exploitation forestière et minière.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de l’azolle du Mexique (Azolla mexicana) au Canada
État d'avancement : Versions proposées affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

6 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Mise à jour Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur L’azolle du Mexique Azolla mexicana au Canada (2009)

    L’azolle du Mexique (Azolla mexicana) est une minuscule fougère aquatique flottante qui se rencontre sur des plans d’eau et de petites étendues de terrain mouillé. La plante mesure de 1 à 2 cm de longueur. Les feuilles sont minuscules et se chevauchent à la manière de bardeaux. Les structures sporifères, portées sous la surface de l’eau, sont présentes chez les populations canadiennes. Les racines sont courtes, non ramifiées. Les flotteurs sont normalement au nombre de 3. L’espèce forme de vastes tapis verts ou rouges à la surface de l’eau.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Azolle du Mexique (2009)

    L’azolle du Mexique (Azolla mexicana) est une minuscule fougère aquatique flottante qui se rencontre sur des plans d’eau et de petites étendues de terrain mouillé. La plante mesure de 1 à 2 cm de longueur. Les feuilles sont minuscules et se chevauchent à la manière de bardeaux. Les structures sporifères, portées sous la surface de l’eau, sont présentes chez les populations canadiennes. Les racines sont courtes, non ramifiées. Les flotteurs sont normalement au nombre de 3. L’espèce forme de vastes tapis verts ou rouges à la surface de l’eau.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Azolle du Mexique (2009)

    Cette très petite fougère aquatique flottante du centre-sud de la Colombie-Britannique est confinée à huit petits plans d’eau où ses populations subissent des fluctuations périodiques de leurs effectifs. Deux populations et leur habitat ont disparu au cours des dernières années en raison d’activités de construction. La plupart des populations existantes se situent dans le voisinage immédiat de grandes routes ou d’une voie ferrée où elles sont menacées par des activités d’entretien, y compris l’utilisation de produits chimiques comme le sel de voirie.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de l’azolle du Mexique (Azolla mexicana) au Canada (2017)

    La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de l’azolle du Mexique et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Colombie Britannique en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La Province de la Colombie Britannique a remis le plan de rétablissement de l’azolle du Mexique ci joint (partie 2), à titre d’avis scientifique, aux autorités responsables de la gestion de l’espèce en Colombie Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 31 mars 2017