Profil d'espèce

Carcajou Population de l'Ouest

Nom scientifique : Gulo gulo
Taxonomie : Mammifères
Distribution : Yukon, Territoires-du-Nord-Ouest, Nunavut, Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan, Manitoba, Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2014
Dernière désignation du COSEPAC : Non active
Statut de la LEP : Aucune annexe, Aucun statut

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Espèces apparentées

Espèce Statut
COSEPAC
Statut
sous la
LEP
Carcajou Préoccupante Aucun statut

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Image de Carcajou

Carcajou Photo 1

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Description

Le carcajou est un animal compact et puissant, qui ressemble à un petit ours doté d’une longue queue touffue. Il a une large tête aux mâchoires solides, de courtes pattes et de grands pieds. Le mâle adulte mesure environ 1 m de longueur depuis le bout du museau jusqu’à l’extrémité de la queue, et pèse entre 12 et 16 kg; la femelle est en général plus petite que le mâle. À la naissance, le pelage du carcajou est blanc crème, les pattes, plus foncées, et le visage, masqué. Le pelage des adultes, long, épais et luisant, est brun foncé, plus pâle sur la tête et marquée de deux bandes jaunâtres qui débutent aux épaules et se rencontrent sur la croupe. Certains individus arborent une tache blanche sur la gorge et la poitrine.

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Répartition et population

Le carcajou est une espèce holarctique que l’on retrouve d’un bout à l’autre de l’Amérique du Nord et de l’Eurasie. Au Canada, il existe deux populations distinctes : la population de l’Est, inscrite parmi les espèces en voie de disparition, mais peut-être disparue, qui ne se trouve qu’au Québec et au Labrador; et la population de l’Ouest, clairsemée dans les régions écologiques boréale, arctique, des montagnes du Nord, des montagnes du Sud et du Pacifique. Selon des estimations de 2003, la population canadienne de carcajous de l’Ouest compte au total entre 15 000 et 19 000 individus. Au Yukon, les populations sont saines et stables dans toutes les régions. Dans les Territoires du Nord-Ouest, les densités varient selon l’endroit : elles sont plus élevées dans le sud-ouest et moins élevées dans les îles de l’Arctique et sur le continent à l’est du refuge faunique Thelon. Au Nunavut, les densités sont modérées dans l’ouest et faibles dans les îles de l’Arctique et dans l’est. Les populations semblent stables dans la plus grande partie de la Colombie-Britannique, mais déclinent dans les montagnes du sud. Une sous-espèce distincte n’existe peut-être plus sur l’île de Vancouver, où le carcajou n’a pas été observé depuis 1992; il est possible que son déclin soit lié à celui de la marmotte de l’île Vancouver, une espèce en voie de disparition pouvant potentiellement lui servir de proie en été. En Alberta, les carcajous sont plus abondants dans l’ouest, mais leur effectif semble connaître un déclin dans l’ensemble de la province. En Saskatchewan, l’espèce est commune dans le nord, mais rare dans la forêt boréale méridionale, où il se pourrait que son effectif connaisse un déclin. Au Manitoba, les plus fortes densités se trouvent dans le nord-est et le nord-ouest, mais les effectifs de la partie centre-nord de la province ne sont pas connus. On rencontre des carcajous en petit nombre dans le nord-ouest de l’Ontario; il se pourrait que les effectifs aient augmenté récemment dans certaines régions, mais on sait que l’espèce a disparu dans d’autres. Globalement, les chiffres de l’Ontario indiquent un déclin. Bien qu’on ait signalé la présence de carcajous dans les zones écologiques des prairies et des plaines des Grands Lacs, leurs populations n’y ont peut-être jamais été viables.

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Habitat

Pour que ses populations restent viables, le carcajou a besoin de vastes régions non perturbées à cause de son faible taux de reproduction, de sa faible densité démographique et de son vaste domaine vital. Il habite diverses régions boisées ou sans arbres, à toutes les altitudes, entre autres les régions sauvages boisées du nord, la toundra alpine des montagnes de l’Ouest et la toundra arctique. Le carcajou est très abondant là où la présence de gros ongulés est commune.

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Biologie

Le carcajou a depuis longtemps une place dans le folklore en tant que bête d’une grande férocité, rusée et d’une force extraordinaire. Dans la mythologie des Premières nations, le carcajou est un héros filou et un lien au monde des esprits. Il y a tellement peu de carcajous dans la plus grande partie de son habitat éloigné, et l’espèce est si mobile, qu’il est extrêmement difficile de l’étudier. Le carcajou ne migre pas et n’hiberne pas. Il est actif le jour et la nuit, adoptant un rythme dans lequel se succèdent souvent des périodes de trois à quatre heures d’activité et de sommeil. Il peut parcourir de grandes distances, grimper aux arbres, et il sait nager. Ses larges pieds et ses membres musclés lui permettent de poursuivre sa proie même dans la neige molle. Il occupe un vaste domaine vital, dont la superficie va de 50 à 400 km2 pour les femelles, et de 230 à 1 580 km2 pour les mâles. Les domaines vitaux se chevauchent et, à tout moment, une partie de la population est de passage. Les individus de passage sont en général des jeunes d’un an qui se dispersent et peuvent parcourir plus de 200 km. Omnivore, le carcajou consomme une large gamme de charognes et d’aliments frais allant des gros ongulés, comme l’orignal, le caribou et la chèvre de montagne, à de petits animaux, comme le castor, le porc-épic et l’écureuil terrestre, ainsi que des poissons, les racines et les baies. À son tour, le carcajou est la proie de l’ours, du loup, du couguar, de l’Aigle royal et d’autres carcajous. Le carcajou atteint la maturité sexuelle entre l’âge de deux et trois ans. Depuis avril jusqu’à septembre, les animaux forment des couples pour se reproduire. Ces couples ne durent que quelques jours, et les mâles et les femelles peuvent s’accoupler de nouveau plusieurs fois avec d’autres individus. L’œuf fertilisé ne se développe pas avant son implantation, de nombreux mois plus tard. Cette implantation à retardement permet à l’accouplement d’avoir lieu en été, lorsque les femelles sont plus sédentaires. La naissance peut ainsi avoir lieu à la saison la plus propice à la survie des jeunes. La femelle construit une tanière dans des pentes rocheuses ou dans des amas de bois mort, ou creuse dans la neige un tunnel, et y donne naissance à ses jeunes entre la fin mars et la mi avril. Les portées comptent fréquemment deux ou trois jeunes, mais les femelles n’en ont pas chaque année. Les jeunes sont en général allaités pendant huit à dix semaines; ils se séparent de la mère à l’automne et atteignent la taille adulte après sept mois environ. Vu son faible taux de reproduction, le carcajou ne peut se rétablir rapidement après avoir subi un déclin.

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L’aire de répartition du carcajou s’est contractée, et sa population a diminué à la suite de l’établissement à grande échelle des êtres humains dans son aire de répartition, qui a commencé au milieu du XIXe siècle. Les programmes de contrôle des loups, en vigueur des années 1950 aux années 1990, ont joué un rôle dans le déclin de cette espèce. L’habitat du carcajou, en particulier dans la partie méridionale de son aire de répartition, disparaît, se dégrade et se fragmente par suite de l’exploration et de l’exploitation pétrolières, gazières et minières, des activités forestières, de la présence des routes, des activités agricoles et de l’expansion urbaine. Même si le carcajou utilise les pistes de motoneige et se nourrit d’animaux pris au piège, les activités de loisir exercées dans l’arrière-pays peuvent amener cet animal discret à abandonner un habitat. L’accès accru des véhicules motorisés aux régions éloignées peut aussi faire augmenter la pression exercée par les chasseurs sur le carcajou et sur ses proies ongulées, en particulier le caribou des bois de la population des montagnes du Sud, une espèce menacée. Dans la toundra arctique, les aménagements attirent fréquemment le carcajou, qui risque alors d’être tué car il est considéré comme étant nuisible. Animal dont la fourrure a une valeur économique, le carcajou est piégé et a été récolté à l’excès dans certaines régions.

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Autre protection ou statut

Le carcajou est inscrit sur un des listes de l’Union mondiale pour la nature (UICN).

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement du Carcajou de l'Ontario

  • Neil Dawson - Président/Contact - Gouv. de l'Ontario
    Tél. : 807-939-3120  Envoyer un courriel
  • Hilary Gignac - Président/Contact - Gouv. de l'Ontario
    Tél. : 807-475-1276  Téléc. : 807-473-3023  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

6 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Carcajou Gulo gulo au Canada (2015)

    Le carcajou est un carnivore trapu de taille moyenne, et le plus grand mustélidé terrestre. Il possède une longue fourrure rugueuse et lustrée, dont la couleur peut varier du brun au noir. Souvent, il arbore un masque facial pâle et des bandes latérales, qui partent des épaules et se croisent à la base de la queue. La structure de son crâne est robuste, ce qui lui permet de broyer les os et les carcasses gelées pour les consommer. La femelle adulte pèse entre 7,5 et 12,5 kg, tandis que le mâle adulte atteint un poids variant entre 13 et 18 kg.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Carcajou (2003)

    L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « préoccupante » en avril 1982. Division en deux populations en avril 1989 (population de l'Est et population de l'Ouest). La population de l'Est a été désignée « en voie de disparition » en avril 1989 et en mai 2003. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation. La population de l'Ouest a été désignée « préoccupante » en avril 1989 et en mai 2003. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Carcajou (2004)

    Un énoncé de réaction est un document de communication qui identifie la façon dont le Ministre de l'environnement a l'intention de répondre à l'évaluation d'une espèce par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). Ce document est un point de départ au processus de listage et de rétablissement pour les espèces identifiées comme étant en péril, il fournit aussi des échéanciers dans la mesure du possible.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluation faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (2004)

    Par le décret, la gouverneure en conseil accuse réception des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    L'annexe 1, la Liste des espèces en péril de la Loi sur les espèces en péril (LEP), est modifiée par décret du gouverneur en conseil, à la suite de la recommandation du ministre de l'Environnement, par l'ajout de 73 espèces. Ce décret est fondé sur des évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et suit les consultations avec les gouvernements provinciaux et territoriaux, les peuples autochtones, les intervenants et le public, ainsi que l'analyse des coûts et des avantages pour les Canadiennes et les Canadiens.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : mars 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.