Profil d'espèce

Peltigère éventail d'eau de l'Est

Nom scientifique : Peltigera hydrothyria
Taxonomie : Lichens
Distribution : Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2013
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Aucune annexe, Aucun statut

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Image de Peltigère éventail d'eau de l'Est

Description

La peltigère bouclier (Peltigera hydrothyria) est un lichen foliacé dont la face inférieure présente des veines qui forment un motif en éventail. Le lichen se fixe au substrat au moyen de touffes spongieuses formées de rhizines. Les apothécies, brun-rouge, sont portées sur la marge du thalle. Elles renferment des asques qui projettent des spores elliptiques. L’espèce ne produit pas de propagules végétatives spécialisées. Le photobionte est une cyanobactérie. La peltigère bouclierfait partie desquelques espèces de lichens foliacés qui peuvent pousser au niveau de l’eau ou sous l’eau. (Mise à jour 2017/07/27)

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Répartition et population

La peltigère bouclierest endémique à l’est de l’Amérique du Nord. Aux États-Unis, l’espèce se rencontre dans environ 30 sites dispersés en Caroline du Nord, au Connecticut, en Géorgie, au Maine, au Massachusetts, au New Hampshire, en Pennsylvanie, au Rhode Island, au Tennessee, au Vermont et en Virginie. Au Canada, la peltigère bouclier a été signalée dans trois provinces : le Québec, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Elle est présente dans treize sites répartis entre dix occurrences et sept localités. Le site est un endroit où le P. hydrothyria a été trouvé, et les sites séparés par moins d’un kilomètre forment une seule occurrence. La localité est une zone particulière du point de vue écologique et géographique dans laquelle un seul phénomène menaçant peut affecter rapidement tous les individus. Il y a une occurrence de peltigère bouclier au Québec, trois au Nouveau-Brunswick et six en Nouvelle-Écosse. La population canadienne de peltigère bouclier représente environ le quart de la population mondiale connue. Il n’existe aucune mention de l’espèce en Ontario, à l’Île-du-Prince-Édouard ou à Terre-Neuve-et-Labrador. (Mise à jour 2017/07/27)

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Habitat

Dans l’est de l’Amérique du Nord, la peltigère bouclier pousse sur des roches, sous l’eau ou à la surface de l’eau, dans des ruisseaux partiellement ombragés à eau claire et fraîche. Les ruisseaux où pousse l’espèce présentent de petites chutes, des boulders exposés et des sinuosités qui créent des bras morts où le lichen peut pousser en marge de l’écoulement principal. En été, les thalles de l’espèce sont souvent partiellement ou entièrement émergés durant les périodes où l’eau est basse. L’altitude des occurrences de l’espèce va de 10 à 720 m au-dessus du niveau de la mer. La qualité du cours d’eau, notamment un pH et une température de l’eau convenant à l’espèce ainsi que l’absence de limon, semble être très importante. La présence d’un ombrage léger sur les ruisseaux peut être nécessaire durant les mois d’été, pour le maintien d’un taux d’humidité élevé et de températures basses. La température de l’eau semble être un facteur très important. En effet, selon des études expérimentales sur la peltigère de Goward, espèce étroitement apparentée à la peltigère bouclier, le taux de photosynthèse et le poids du thalle diminuaient après seulement 30 jours lorsque les individus étaient exposés à une eau à 18 °C. Une diminution semblable de ces paramètres a été observée chez des thalles exposés à des concentrations de nitrates égales ou supérieures à 5 mM. (Mise à jour 2017/07/27)

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Biologie

La peltigère bouclier ne produit pas de propagules végétatives spécialisées, mais il est possible que de petits fragments se détachent du thalle et sont transportés en aval jusqu’à des surfaces où ils peuvent se fixer. La seule autre façon dont l’espèce peut se reproduire est en libérant les spores présentes dans les apothécies, mais il faut que celles-ci rencontrent des cyanobactéries compatibles pour produire un nouveau thalle, ce qui est peu probable. Les apohtécies libèrent les spores dans l’air. Lorsque les spores atterrissent à la surface d’une roche ou sur les bords d’un cours d’eau, elles germent et croissent en direction des cyanobactéries qui se trouvent à proximité. Si la cyanobactérie est compatible, les filaments du champignon enveloppent les cellules de la cyanobactérie, et les deux organismes finissent par constituer un thalle visible. Chez les lichens, la durée d’une génération varie de 10 ans chez les espèces à colonisation rapide à plus de 17 ans chez les espèces des forêts anciennes. Chez la peltigère bouclier comme chez les autres membres de groupe des cyanolichens, la cyanobactérie fournit au champignon des glucides, grâce à sa capacité de photosynthèse, ainsi que de l’azote, grâce à sa capacité de fixer l’azote atmosphérique. La cyanobactérie de la peltigère bouclier est le Capsosira lowei. (Mise à jour 2017/07/27)

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Menaces

Les activités qui entraînent une modification des cours d’eau, de la qualité de l’eau et de la végétation protectrice entourant l’habitat de la peltigère bouclier peuvent avoir des répercussions sur l’espèce. Une eau fraîche semble être essentielle à la peltigère bouclier. L’élimination des arbres poussant près des berges des cours d’eau entraîne une exposition accrue des thalles au soleil, une hausse de la température de l’air et une diminution du taux d’humidité ainsi que des risques accrus d’érosion et de ruissellement. En outre, l’exposition accrue au vent et à la lumière dans les secteurs exploités peut réduire l’humidité à la surface et autour des roches hébergeant la peltigère bouclier, de sorte que les thalles pourraient subir une exposition et un assèchement dépassant leur seuil de tolérance durant les mois où le niveau d’eau est bas. En Nouvelle-Écosse, dans le comté de Colchester, l’exploitation forestière pourrait toucher 5 des 7 localités de l’espèce, qui comptent 30 % de tous les individus matures dénombrés au Canada; la mise en service dans cette province d’une nouvelle centrale de cogénération électrique de 60 mégawatts ayant des besoins annuels d’environ 500 000 tonnes de biocombustibles ne fera qu’accroître l’exploitation forestière et la perturbation de l’habitat de l’espèce. Actuellement, les exploitants forestiers doivent laisser de chaque côté des cours d’eau une zone tampon de seulement 20 m en Nouvelle-Écosse et de seulement 30 m au Nouveau-Brunswick. L’agrandissement des parcs éoliens en Nouvelle-Écosse, l’exploitation forestière et l’exploration minière nécessitent la construction de chemins dans des boisés auparavant non perturbés. Ces chemins, qui risquent de constituer une source d’envasement, pourraient empiéter sur l’habitat de la peltigère bouclier dans plusieurs sites. L’extraction de gaz naturel par fracturation hydraulique a une incidence sur l’écoulement des eaux souterraines et la qualité de l’eau. En Nouvelle-Écosse, on envisage d’autoriser cette activité dans deux régions où la peltigère bouclier est présente. L’espèce ne pousse que dans des cours d’eau semi-ombragés exempts ou presque exempts de limon. Les eaux de ruissellement provenant des chemins ou des sentiers de véhicules motorisés peuvent causer des envasements répétés; le limon pourrait ainsi finir par recouvrir la surface des lobes, ce qui empêcherait la photosynthèse, et les surfaces rocheuses propices à l’établissement de l’espèce. La pollution atmosphérique peut avoir des effets négatifs sur les lichens. Les pluies acides, qui sont actuellement moins graves dans les Maritimes qu’au courant des dernières décennies, pourraient finir par surpasser la capacité tampon des bassins versants ou du substrat. Il en résulterait une baisse du pH de l’eau, qui pourrait nuire aux cyanolichens, dont la peltigère bouclier. À moyen terme, le changement climatique constitue une grave menace pour presque toutes les localités de peltigère bouclier. Selon de récents modèles, en Nouvelle-Écosse, la hauteur des précipitations estivales ne changera pas considérablement, mais il y aura une hausse des températures estivales qui entraînera probablement une évaporation accrue et donc une augmentation des sécheresses. Les sécheresses causent une diminution du débit et de la profondeur des cours d’eau, ce qui peut mener au dessèchement et à la mort des thalles de l’espèce. Selon les modèles climatiques, les précipitations augmenteront en hiver, et la proportion de précipitations sous forme de pluie augmentera. La hausse du débit associée à ce phénomène causera probablement une augmentation de l’affouillement, ce qui risque de déloger les thalles de l’espèce présents sur les roches des bords et du fond des cours d’eau. (Mise à jour 2017/07/27)

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Protection

Protection fédérale

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

5 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Peltigère éventail d’eau de l’Est Peltigera hydrothyria au Canada (2014)

    La peltigère bouclier (Peltigera hydrothyria) est un lichen foliacé dont la face inférieure présente des veines qui forment un motif en éventail. Le lichen se fixe au substrat au moyen de touffes spongieuses formées de rhizines. Les apothécies, brun-rouge, sont portées sur la marge du thalle. Elles renferment des asques qui projettent des spores elliptiques. L’espèce ne produit pas de propagules végétatives spécialisées. Le photobionte est une cyanobactérie. La peltigère bouclierfait partie desquelques espèces de lichens foliacés qui peuvent pousser au niveau de l’eau ou sous l’eau.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Peltigère éventail d'eau de l'Est (2015)

    Ce lichen rare est endémique à l’est de l’Amérique du Nord. Au Canada, il est présent seulement au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et au Québec. Il pousse au niveau de l’eau ou sous l’eau dans des cours d’eau frais et limpide, partiellement ombragés. Il est menacé à court terme par les perturbations résultant des activités qui entraînent l’envasement des cours d’eau, la modification du microclimat et la détérioration de la qualité de l’eau. À long terme, les changements dans les conditions météorologiques qui amènent des modifications du niveau d’eau et du débit dans l’habitat privilégié par l’espèce représentent une autre menace.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2017)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement, Son Excellence le Gouverneur général en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2013-2014 (2014)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (octobre 2013 à septembre 2014), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 24 au 29 novembre 2013, et la deuxième, du 27 avril au 2 mai 2014. Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 0 En voie de disparition : 23 Menacées : 12 Préoccupantes : 20 Données insuffisantes : 0 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 25 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres - Janvier 2015 (2015)

    Le gouvernement du Canada est voué à prévenir la disparition des espèces sauvages en péril de nos territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à honorer cet engagement, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003. L'annexe 1 de la Loi, qui présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP, est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ». Les espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées qui figurent à l'annexe 1 bénéficient de la protection conférée par les interdictions et d’exigences en matière de la planification du rétablissement prévues à la LEP. Les espèces préoccupantes bénéficient d’exigences en matière de planification de la gestion. L'annexe 1 contenait initialement 233 espèces sauvages en péril et, maintenant, 521 espèces forment la liste. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 15 avril 2015 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations régulières; et le 15 octobre 2015 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations prolongées.Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises, veuillez consulter le site Web suivant : Registre public des espèces en péril