Profil d'espèce

Nécrophore d’Amérique

Nom scientifique : Nicrophorus americanus
Taxonomie : Arthropodes
Distribution : Ontario, Québec
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2011
Dernière désignation du COSEPAC : Disparue du pays
Statut de la LEP : Annexe 1, Disparue du pays


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Image de Nécrophore d’Amérique

Description

Le nécrophore d’Amérique est un coléoptère nécrophage de la famille des Silphidés. Il s'agit d'une espèce distincte – aucune sous-espèce ni aucune forme différentes n'ont été proposées pour cette espèce. Le nécrophore d’Amérique est l’un des plus spectaculaires coléoptères du Canada en raison de sa grande taille et de la présence de marques orange brillant sur son dos noir. (Mise à jour 2017/08/11)

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Répartition et population

L’espèce est présente seulement en Amérique du Nord, où son aire de répartition historique s’étendait du Nebraska et du Dakota du Sud vers l’est jusqu’à la côte atlantique, et du sud de l’Ontario vers le sud jusqu’au Texas. Aux États-Unis, l’espèce a été signalée dans 35 États, mais elle est considérée comme existante dans seulement 9 États – où elle est désignée en voie de disparition. Au Canada, elle est définitivement présente seulement en Ontario, bien que toutes les mentions soient historiques, la plus récente récolte ayant été effectuée en 1972. Des mentions provenant de la Nouvelle-Écosse et du Québec sont considérées comme des erreurs, et aucune information n’a été trouvée en ce qui concerne la mention au Manitoba. Il semble très peu probable que le nécrophore d’Amérique ait été présent mais que sa présence n’ait pas été documentée ailleurs dans son aire de répartition au cours des vingt-cinq dernières années. La recolonisation naturelle par l’espèce dans son ancienne aire de répartition au Canada semble très peu probable aussi. L’espèce pourrait être réintroduite à partir de populations des États-Unis dans le cadre de programmes d’élevage en captivité. (Mise à jour 2017/08/11)

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Habitat

L’espèce a besoin de sols humifères ou loameux bien drainés et ne présentant pas d’obstacles au creusage afin qu’elle puisse rapidement creuser la chambre d’incubation dans laquelle elle pond ses œufs. Dans l’est de l’Amérique du Nord, les sols de ce type se trouvent principalement dans les forêts de feuillus primaires et non perturbées. Du côté ouest de l’aire de répartition, de tels sols sont aussi disponibles dans les écotypes de prairies. À ce jour, il n’existe aucun consensus à savoir si le nécrophore d’Amérique est une espèce obligatoire de certains types d’habitat particuliers. (Mise à jour 2017/08/11)

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Biologie

L’espèce n’a qu’une génération par année, et un individu ne vit qu’entre l’été de sa naissance et sa mort l’année suivante. Chaque individu ne se reproduit habituellement qu’une seule fois. Après avoir émergé du sol, à la fin de l’été ou au début de l’automne de l’année de ponte, l’adulte ténéral commence à se nourrir et peut-être à rechercher des possibilités de reproduction. Durant l’automne de sa première année, il s’enfouit dans le sol pour y passer l’hiver. Au printemps, l’adulte émerge encore du sol pour se nourrir et entreprendre la recherche en soirée d’une carcasse d’incubation convenable. Chez les nécrophores (genre Nicrophorus), tant le mâle que la femelle prend soin des petits et ce, à un degré exceptionnel pour des coléoptères. La reproduction dépend entièrement de la disponibilité des carcasses, qui peuvent être enfouies de manière à ce que les larves puissent être nourries. Les carcasses de vertébrés de toute sorte sont employées, mais ce sont probablement les carcasses d’oisillons et de rongeurs qui sont les plus souvent utilisées. Le nécrophore d’Amérique utilise des carcasses de taille plus grande que ses congénères de petite taille. Lorsqu’une carcasse convenable est repérée, l’individu ou le couple fera alors compétition aux autres insectes nécrophages pour prendre possession de la carcasse jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul couple. Pour trouver un sol propice au creusage, il arrive que les nécrophores déplacent la carcasse sur une distance allant jusqu’à un mètre; la carcasse est ensuite enterrée avant l’aube. Le nécrophore d’Amérique ne migre pas, et ses déplacements sont limités. Cependant, il parcourt de plus grandes distances et traverse probablement un plus grand nombre de types d’habitat que ses congénères (espèces du même genre) de petite taille. Les adultes entament leurs activités saisonnières lorsque la température dépasse 15 °C. Ils sont crépusculaires et nocturnes, et généralement actifs d'avril à septembre. (Mise à jour 2017/08/11)

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Raison de la disparition du pays

Une discussion en cours porte sur la ou les causes du déclin de l'aire de répartition et de l'abondance du nécrophore d'Amérique. Plusieurs hypothèses ont été formulées à ce sujet (Sikes et Raithel, 2002), mais bon nombre d'entre elles sont peu convaincantes en raison de l'absence apparente de répercussions sur les congénères à comportement et exigences semblables. Il semble peu probable qu'un seul facteur soit responsable du déclin de l'espèce. Les impacts directs sur le nécrophore d’Amérique seraient les suivants : l'utilisation d'éclairage artificiel, qui peut influer sur le comportement de l’espèce; les nécrophores adultes errant sur les routes et qui y sont tués; et la mortalité attribuable à l’utilisation d’insecticides. Des maladies spécifiques au nécrophore d’Amérique ont été considérées, mais rien n’indique qu’il s’agisse d’un facteur limitatif probable. La prédation aurait probablement contribué au déclin, étant donné l’augmentation des prédateurs appropriés dans l’aire de répartition de l’espèce, mais on ne pense pas qu’il s’agisse de la cause principale du déclin soit de l’espèce, soit des carcasses d’incubation dont elle a besoin. L’augmentation du nombre de chiens et de chats domestiques en liberté, qui font partie des prédateurs et qui dérangent probablement les nécrophores à la recherche de carcasses, pourrait être une des causes du déclin. La réduction du nombre de carcasses d’incubation pourrait être l’une des principales causes du déclin, car on pense qu’elle est liée à la réduction des populations des espèces de taille appropriée pouvant servir de carcasses d’incubation et à la compétition accrue d’autres espèces nécrophages et des congénères plus abondants. La réduction de l’utilisation des décharges de déchets de viande et l’abandon de l’utilisation de poissons entiers comme engrais ont aussi entraîné la diminution des ressources en charognes disponibles pour les nécrophores. L’altération et la fragmentation de l’habitat sont généralement considérées comme les principales causes du déclin. La fragmentation de l’habitat force les nécrophores à traverser des milieux non propices et des routes. Le développement d'un sous-étage dense dans les zones déboisées rend plus difficile l’enfouissement de carcasses d’incubation et fait donc augmenter la vulnérabilité à la prédation du couple de nécrophores. (Mise à jour 2017/08/11)

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Nécrophore d’Amérique est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

6 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Nécrophore d’Amérique (2013)

    Il y a suffisamment d’information pour indiquer qu'aucun individu de cette espèce sauvage n'existe encore au Canada. Cette information comprend : (1) que ce grand insecte remarquable et reconnaissable n’a pas été observé depuis 39 générations; (2) qu’il n’a pas été observé malgré le décuplement du nombre d’entomologistes de terrain et une estimation de 300 000 nuits de piégeage général où au moins une partie de ce piégeage auraient dû mené à la capture de cette espèce, ainsi que des études sur les coléoptères nécrophages qui n’ont pas permis de révéler sa présence; (3) que cet insecte attiré par la lumière n’a pas encore été vu dans des milliers de pièges lumineux; (4) qu’une récente recherche dirigée dans la zone générale où l’espèce a été observée les dernières fois il y a 60 ans et 39 ans n’ont pas permis de trouver l’espèce.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2016)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement, Son Excellence le Gouverneur général en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2017)

    La biodiversité diminue rapidement dans le monde entier, à mesure que certaines espèces disparaissent. On estime que le taux d’extinction est maintenant de 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. Une corrélation positive a été établie entre la biodiversité et la productivité de l’écosystème, sa santé et sa résilience (c’est-à-dire la capacité de l’écosystème à s’adapter aux changements ou à se défendre contre les perturbations), et, compte tenu de l’interdépendance des espèces, une perte de biodiversité peut réduire les fonctions et services écosystémiques (par exemple les processus naturels comme la défense contre les ravageurs, la pollinisation, la diminution des vagues sur la côte, la régulation de la température et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santé des Canadiens et ont aussi des liens importants avec l’économie du pays. De petits changements au sein d’un écosystème qui ont pour effet la perte d’individus et d’espèces peuvent donc avoir des conséquences néfastes, irréversibles et variées. Décret concernant la Liste des espèces en péril (renvoi au COSEPAC)

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2011-2012 (2012)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (1er septembre 2011 au 30 septembre 2012), le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 21 au 25 novembre 2011, et la deuxième, du 29 avril au 4 mai 2012. Le 3 février 2012, un sous-comité des évaluations d’urgence du COSEPAC a également évalué la situation de la pipistrelle de l’Est (Perimyotis subflavus), de la petite chauve-souris brune (Myotis lucifugus) et de la chauve-souris nordique (Myotis septentrionalis). Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 67 espèces sauvages. Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2011-2012 sont les suivants : Disparues : 1 Disparues du pays : 4 En voie de disparition : 29 Menacées : 10 Préoccupantes : 15 Données insuffisantes : 2 Non en péril : 6 Total : 67 Sur les 67 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 49 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 26 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente (voir le tableau 1a).

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres - Décembre 2012 (2013)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la Loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 4 mars 2013 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations régulières; et le 4 octobre 2013 pour les espèces terrestres faisant l’objet de consultations prolongées. Processus de consultation.