Profil d'espèce

Gomphe ventru

Nom scientifique : Gomphus ventricosus
Taxonomie : Arthropodes
Distribution : Nouveau-Brunswick
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2010
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Gomphe ventru

Description

Le gomphe ventru est l’une des espèces de libellules les plus frappantes du Canada, en raison de la protubérance quasi circulaire à l’extrémité d’un abdomen qui est mince sur le reste de sa longueur. Le gomphe ventru est brun foncé et noir, et il présente des marques jaune vif sur la face dorsale de l’abdomen, des marques jaune verdâtre sur le thorax, des yeux vert foncé et des ailes transparentes. (Mise à jour 2017/08/30)

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Répartition et population

L’aire de répartition mondiale du gomphe ventru se limite à l’Amérique du Nord, à l’est du Mississippi et de la rivière Rouge; elle s’étend au nord jusqu’à la rivière à la Pluie et au sud jusqu’au Tennessee. Au Canada, le gomphe ventru a été signalé par le passé en Nouvelle-Écosse, en Ontario et au Québec, et il est actuellement bien connu dans une localité le long de la rive sud de la rivière Saint-Jean au Nouveau-Brunswick; il est possible qu’il se reproduise dans deux autres localités du Nouveau-Brunswick. (Mise à jour 2017/08/30)

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Habitat

Le gomphe ventru est un spécialiste des grands cours d’eau propres, au débit moyen à faible et au substrat fin, présentant habituellement une forte teneur en limon et/ou en argile. De tels milieux sont habituellement limités à certains segments de grands cours d’eau qui traversent des sols riches en pente douce; il s’agit d’un type d’habitat relativement rare dans le sud-est du Canada. En effet, il est particulièrement rare de trouver dans cette région des cours d’eau aux eaux limpides, car ceux-ci baignent souvent dans des paysages agricoles. L’habitat de la plus importante population connue est vraisemblablement en déclin. (Mise à jour 2017/08/30)

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Biologie

Les œufs sont déposés dans l’eau, et les larves, qui s’enfouissent peu profondément, prennent au moins deux ans pour se développer avant l’émergence. L’espèce a une émergence passablement synchrone, qui survient durant les deux dernières semaines de juin dans la majorité de son aire de répartition canadienne, et dès la fin mai au centre du continent, et elle vole jusqu’à la mi-août. Après l’émergence, les individus s’envolent loin de la rivière pour une longue période de maturation. Les adultes semblent passer peu de temps près des eaux où ils ont émergé, passant plutôt la majorité de leur vie dans la forêt environnante. On croit que les larves servent de nourriture aux tortues, aux poissons et aux écrevisses, de même qu’à d’autres insectes aquatiques prédateurs. Il semble probable que la majorité de la mortalité observée chez les adultes soit attribuable aux oiseaux insectivores se nourrissant dans les forêts riveraines et les clairières. D’après les observations d’espèces connexes, les larves se nourrissent vraisemblablement des petites créatures qui sont également présentes dans ou sur le substrat qui constitue leur habitat. Les adultes, quant à eux, se nourrissent de tous les insectes ailés qu’ils peuvent trouver. (Mise à jour 2017/08/30)

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Menaces

La modification anthropique de l’habitat représente la plus grande menace potentielle pour l’espèce. On a observé que la qualité de l’eau où est présente la population de la rivière Saint-Jean laissait à désirer. L’eutrophisation de l’eau due à l’apport excessif de nutriments par les eaux usées ou la sédimentation due aux écoulements agricoles ou forestiers, aux pesticides et aux herbicides, ainsi que les déversements accidentels ou illégaux de produits chimiques peuvent tuer les larves présentes dans les rivières. On ne connaît pas de manière certaine l’ampleur du problème que pose actuellement la pollution. L’habitat terrestre est en déclin, mais des déclins rapides et importants semblent improbables dans un avenir rapproché. Des espèces envahissantes peuvent modifier le biote au détriment de l’espèce; ainsi, l’introduction d’une certaine diatomée entraînerait probablement la disparition de l’espèce. Des prédateurs, soutenus par les humains qui leur offrent nourriture et/ou abri, notamment divers oiseaux tels que le quiscale bronzé, l’étourneau sansonnet et diverses hirondelles, ces dernières nichant sous les ponts, peuvent avoir un effet considérable sur les larves en émergence. L’introduction délibérée ou involontaire d’organismes aquatiques d’espèces supérieures peut représenter une menace; ainsi, les écrevisses et certaines espèces de poissons peuvent avoir des effets graves. Les menaces potentielles directes pour l’espèce comprennent la mortalité d’individus sur la route par suite de collisions avec des véhicules, ainsi que la perturbation de l’émergence par l’utilisation des eaux à des fins récréatives et la construction le long des berges. Pour ce qui est de l’utilisation des eaux à des fins récréatives, les vagues produites par le passage de bateaux durant les heures d’émergence peuvent tuer les individus en émergence, mais l’importance de cette menace est inconnue. L’élévation du niveau de la mer représente un impact potentiel grave sur l’habitat aquatique. Déjà, la limite aval de la population de la rivière Saint-Jean est située à moins de 5 km des eaux sous influence saline et cette influence se déplacera en amont, ce qui aura vraisemblablement des effets visibles au cours de la prochaine décennie. (Mise à jour 2017/08/30)

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Gomphe ventru est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

6 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le gomphe ventru (Gomphus ventricosus) au Canada (2011)

    Le gomphe ventru est l’une des espèces de libellules les plus frappantes du Canada, en raison de la protubérance quasi circulaire à l’extrémité d’un abdomen qui est mince sur le reste de sa longueur. Le gomphe ventru est brun foncé et noir, et il présente des marques jaune vif sur la face dorsale de l’abdomen, des marques jaune verdâtre sur le thorax, des yeux vert foncé et des ailes transparentes.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Gomphe ventru (2011)

    Cette libellule rare de grandes rivières à eaux propres et à débit variant de lent à moyen, composées d'un lit de sable fin, de limon ou d'argile,  n'est connue actuellement que dans trois localités au Canada. Elle est disparue de deux autres rivières depuis plus de 60 ans. La plus grande population fait l’objet de plusieurs menaces qui, de façon cumulative, mènent à une diminution de la qualité de l’habitat.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2016)

    Sur recommandation de la ministre de l’Environnement, Son Excellence le Gouverneur général en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2017)

    La biodiversité diminue rapidement dans le monde entier, à mesure que certaines espèces disparaissent. On estime que le taux d’extinction est maintenant de 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. Une corrélation positive a été établie entre la biodiversité et la productivité de l’écosystème, sa santé et sa résilience (c’est-à-dire la capacité de l’écosystème à s’adapter aux changements ou à se défendre contre les perturbations), et, compte tenu de l’interdépendance des espèces, une perte de biodiversité peut réduire les fonctions et services écosystémiques (par exemple les processus naturels comme la défense contre les ravageurs, la pollinisation, la diminution des vagues sur la côte, la régulation de la température et la fixation du carbone). Ces services sont importants pour la santé des Canadiens et ont aussi des liens importants avec l’économie du pays. De petits changements au sein d’un écosystème qui ont pour effet la perte d’individus et d’espèces peuvent donc avoir des conséquences néfastes, irréversibles et variées. Décret concernant la Liste des espèces en péril (renvoi au COSEPAC)

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2010 - 2011 (2011)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année, le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages pour évaluer le statut ou revoir la classification d'un total de 92 espèces sauvages.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres - Décembre 2011 (2011)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la Loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 8 février 2012 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 8 novembre 2012 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.