Profil d'espèce

Grèbe esclavon Population des îles de la Madeleine

Nom scientifique : Podiceps auritus
Taxonomie : Oiseaux
Distribution : Québec
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2009
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Grèbe esclavon

Taxinomie

Deux sous-espèces de Grèbes esclavons sont reconnues : la sous-espèce auritus, qui se reproduit en Eurasie, et la sous-espèce cornutus, qui se reproduit en Amérique du Nord. Comme l’espèce n’est représentée au Canada que par la sous-espèce cornutus, le nom de Grèbe esclavon est utilisé ici sans préciser la sous-espèce.

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Description

Le Grèbe esclavon est un petit oiseau aquatique aux allures de canard, mesurant de 31 à 38 cm de longueur. En plumage nuptial, lorsqu’il se reproduit l’été, il se distingue par une touffe de plumes voyantes derrière les yeux, lesquelles plumes se prolongeant derrière la nuque et contrastant vivement avec la tête noire. L’avant du cou, les flancs et le haut de la poitrine sont rouge-marron, le dos est noir et le ventre est blanc. Son bec est mince et droit, et pâle à l’extrémité. Les mâles et les femelles ont une coloration semblable, quoique les couleurs tendent à être plus vives chez le mâle. L’hiver, le plumage est noir et blanc et se caractérise par une couronne noire et une coloration blanche sur les joues qui se prolonge presque tout le tour de la nuque. Le plumage des jeunes est semblable au plumage d’hiver des adultes, avec un peu de brun sur le dessus. Les oisillons portent des rayures foncées, particulièrement visibles sur la tête et le cou.

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Répartition et population

Le Grèbe esclavon vit en Eurasie et dans la partie nord-ouest de l’Amérique du Nord, principalement au Canada. Aux États-Unis, l’espèce niche dans le centre et le sud de l’Alaska et en quelques endroits dans les états du nord-ouest. Au Canada, elle se reproduit surtout dans l’ensemble des Prairies, mais aussi en Colombie-Britannique, au Yukon, dans la vallée du fleuve Mackenzie dans les Territoires du Nord-Ouest, à l’extrême sud du Nunavut, dans le nord-ouest de l’Ontario et aux Îles de la Madeleine, où une petite population isolée persiste depuis au moins 100 ans. Au pays, les diverses colonies sont regroupées en deux populations séparées par 2 000 km : la population de l’Ouest, qui englobe les individus se reproduisant de la Colombie-Britannique à l’extrême nord-ouest de l’Ontario, et la population des Îles de la Madeleine, qui compte les individus se reproduisant dans cet archipel et, de façon sporadique, ailleurs au Québec. Les aires d’hivernage de la population des Îles de la Madeleine sont inconnues, mais on présume qu’elle hiverne sur la côte Atlantique de l’Amérique du Nord. Il se pourrait que son aire d’hivernage chevauche celle de la population de l’Ouest. D’après les relevés effectués entre 1993 et 2006, la population des Îles de la Madeleine est estimée à 15 adultes en moyenne. Depuis 1993, pas plus de 25 adultes ont été observés durant une même saison de reproduction, et seulement 5 adultes ont été aperçus en 2005. La population des Îles de la Madeleine a diminué de 2 % par année entre 1993 et 2007. L’analyse des relevés annuels indique que la population a chuté de 22 % au cours des trois dernières générations. En outre, la plupart des individus et des nids relevés récemment, de 2000 à 2007, pendant la saison de reproduction, étaient concentrés dans l’étang de l’Est et sur l’île Brion. Les autres sites de nidification de l’archipel semblent désertés.

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Habitat

Le Grèbe esclavon niche principalement dans les zones tempérées, comme les Prairies du Canada, mais on le trouve également dans les zones boréales et subarctiques. Il niche généralement en eau douce, et occasionnellement en eau saumâtre, dans de petits étangs permanents ou semi-permanents qui durent jusqu’en automne. On le trouve également dans des marais et des baies peu profondes aux abords des lacs. Ces plans d’eau peuvent se trouver dans des milieux dégagés ou forestiers. Les étangs de nidification doivent comporter des eaux libres parsemées d’îlots de végétation émergente qui fournit les matériaux pour édifier, camoufler et ancrer le nid et offre une protection aux oisillons. Les besoins du Grèbe esclavon pendant la migration sont méconnus, mais des individus ont été observés dans des lacs, des rivières et des marais. Certains individus suivent le littoral pendant une partie de leur migration. Les Grèbes esclavons hivernent généralement en milieu marin, principalement dans des estuaires et des baies. Les plus grandes concentrations se trouvent dans les habitats côtiers, notamment les milieux offrant un certain degré de protection. Aux Îles de la Madeleine, le nombre d’étangs considérés comme convenables pour la reproduction du Grèbe esclavon semble stable. Néanmoins, d’autres facteurs, comme la présence du Grèbe à bec bigarré et l’eutrophisation ou l’assèchement de certains étangs, ont réduit la disponibilité de l’habitat de prédilection de l’espèce.

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Biologie

Chez le Grèbe esclavon, les couples nichent généralement seuls, mais jusqu’à une vingtaine de couples peut nidifier dans le même étang si celui-ci est assez grand et que la nourriture est assez abondante. Cet oiseau se reproduit généralement vers l’âge d’un an. On a relevé chez cette espèce des cas de fidélité au site et au partenaire. Le Grèbe esclavon défend agressivement son territoire, et laisse rarement son nid sans surveillance. Le nid est composé de matières végétales fixées à la végétation émergente, en eau peu profonde. Ce grèbe construit parfois son nid dans des endroits sans végétation, sur des masses d’algues flottantes, des billots légèrement submergés, des branches flottantes ou des plateformes construites par l’humain. Aux Îles de la Madeleine, les principaux matériaux de construction des nids de Grèbes esclavons sont le scirpe. Les femelles de la population de l’Ouest pondent en moyenne entre 5,3 et 5,9 œufs par couvée, alors qu’aux Îles de la Madeleine, la taille moyenne des couvées est de 4,4 et varie entre 3 et 6 œufs. La ponte dure plusieurs jours, les œufs étant pondus à intervalles de un ou de deux jours. Les deux parents partagent l’incubation des œufs. Le couple peut également reconstruire le nid et produire jusqu’à quatre couvées si les couvées précédentes sont détruites. Aux Îles de la Madeleine, les prédateurs potentiels du Grèbe esclavon sont le renard roux, le Grand Héron, la Corneille d’Amérique et le Grand Corbeau. Des visons récemment échappés d’un élevage pourraient devenir des prédateurs. Le Grèbe esclavon est un oiseau plongeur qui capture et mange la plupart de ses proies sous l’eau. Sa diète est principalement composée d’insectes aquatiques et de poissons en été, et de poissons, de crustacés et de vers polychètes en hiver. Aux Îles de la Madeleine, les adultes se réunissent à l’étang de l’Est, avant de partir pour les aires d’hivernage à la fin de septembre ou au début d’octobre. Le Grèbe esclavon est vulnérable aux variations de qualité de l’eau à proximité de ses sites de reproduction.

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Menaces

On ignore quels sont les facteurs qui limitent les populations de Grèbes esclavons au Canada, mais quelques causes possibles du déclin ont été identifiées, dont les déversements d’hydrocarbures dans les aires d’hivernage. En mer, ces oiseaux sont particulièrement vulnérables, puisqu’ils passent la majorité de leur temps dans l’eau. La compétition avec les Grèbes à bec bigarré pour l’habitat de reproduction pourrait représenter un facteur limitant pour toutes les populations de Grèbes esclavons. Le Grèbe à bec bigarré a été observé pour la première fois aux Îles de la Madeleine en 1954, et sa population a depuis augmenté à 25 couples reproducteurs. Cette espèce pourrait empêcher les Grèbes esclavons de nicher dans certains étangs de l’archipel. Les perturbations par les visiteurs menacent les oiseaux reproducteurs. Les campements improvisés à proximité des étangs de nidification sont une source de perturbation. Enfin, des individus sont tués chaque année par les filets de pêche durant les migrations du printemps et de l’automne. La population des Îles de la Madeleine est particulièrement vulnérable aux menaces précédentes, en raison de sa petite taille. Notamment, toute prédation des adultes, des oisillons ou des nids compromettrait la survie de cette petite population.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Grèbe esclavon, Population des îles de la Madeleine, est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Au Québec, le Grèbe esclavon est protégé par la Loi sur les espèces menacées et vulnérables du Québec. Cependant, cette désignation ne confère aucune protection à l’habitat de reproduction de l’espèce. Le Grèbe esclavon est également protégé par la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs. Cette loi interdit de nuire aux oiseaux, à leurs nids et à leurs œufs. Aux Îles de la Madeleine, presque la moitié des étangs de prédilection du Grèbe esclavon se trouvent dans la Réserve nationale de faune de la Pointe de l’Est, qui fait partie des terres domaniales protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril. En outre, tous les étangs de l’île Brion sont à l’intérieur des limites de la Réserve écologique de l’île Brion, administrée par le gouvernement du Québec.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du Grèbe esclavon (Podiceps auritus), population des Îles de la Madeleine, au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Unité de planification de la conservation du SCF-Québec

  • Unité du rétablissement des espèces en péril du SCF-QC - Président/Contact -
    Tél. : 1-855-253-6708  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

11 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la Grèbe esclavon Podiceps auritus au Canada (2009)

    Le Grèbe esclavon (Podiceps auritus) appartient au genre Podiceps. On répertorie deux sous-espèces de Grèbes esclavons : P. a. auritus, qui se reproduit en Eurasie, et P. a. cornutus, qui se reproduit en Amérique du Nord. Le Grèbe esclavon est un oiseau aquatique de taille relativement modeste reconnaissable à son plumage nuptial caractérisé par une touffe de plumes de couleur claire derrière les yeux, lesquelles plumes se prolongent en aigrettes contrastant avec la tête noire.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Grèbe esclavon (2009)

    Le Grèbe esclavon (Podiceps auritus) appartient au genre Podiceps. On répertorie deux sous-espèces de Grèbes esclavons : P. a. auritus, qui se reproduit en Eurasie, et P. a. cornutus, qui se reproduit en Amérique du Nord. Le Grèbe esclavon est un oiseau aquatique de taille relativement modeste reconnaissable à son plumage nuptial caractérisé par une touffe de plumes de couleur claire derrière les yeux, lesquelles plumes se prolongent en aigrettes contrastant avec la tête noire.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Grèbe esclavon, Population des îles de la Madeleine (2009)

    La petite population reproductrice de cette espèce est présente sur les îles de la Madeleine depuis au moins une centaine d’années. Récemment, cette population a connu une diminution de ses effectifs et un déclin de sa zone d’occupation. En raison de sa petite taille (moyenne de 15 adultes), la population est particulièrement vulnérable aux événements stochastiques.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du Grèbe esclavon (Podiceps auritus), population des Îles de la Madeleine, au Canada (2013)

    Le Grèbe esclavon, population des îles de la Madeleine est une oiseau aquatique qui se reproduit dans de petits étangs des îles de la Madeleine au Québec. La population a été désignée comme étant en voie de disparition par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada en 2009 et est inscrite selon le même statut à l’Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) depuis 2011. Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent pour le rétablissement du Grèbe esclavon, population des îles de la Madeleine, et a élaboré ce programme, conformément à l’article 37 de la LEP. Le programme a été préparé en collaboration avec le gouvernement du Québec (ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNF)).

Plans d'actions

  • Plan d'action pour le Grèbe esclavon (Podiceps auritus), population des îles de la Madeleine, au Canada (2015)

    Le présent plan d’action complète le Programme de rétablissement du Grèbe esclavon (Podiceps auritus), population des îles de la Madeleine au Canada. (Environnement Canada, 2013). Les mesures de rétablissement proposées visent la mise en œuvre de l’ensemble des stratégies générales et approches du rétablissement établies dans le programme de rétablissement et ce, pour l’ensemble de la population et de la répartition du Grèbe esclavon, population des îles de la Madeleine.
  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada de la Pointe Pelée et les lieux historiques nationaux du Canada du Niagara (2016)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada de la Pointe-Pelée et les lieux historiques nationaux du Canada du Niagara s’applique aux terres et aux eaux situées à l’intérieur des limites des deux sites : le parc national du Canada de la Pointe-Pelée (PNPP) et les lieux historiques nationaux du Canada du Niagara (LHNN). Ce dernier terme est utilisé pour désigner collectivement deux endroits de la région du Niagara qui comprennent trois lieux historiques nationaux, soit le lieu historique national du Canada du Fort-George, le lieu historique national du Canada du Champ-de-Bataille-du-Fort-George et le lieu historique national du Canada des Casernes-de-Butler. Le présent plan satisfait aux exigences concernant les plans d’action fixées dans la Loi sur les espèces en péril (LEP; article 47) pour les espèces qui requièrent un plan d’action et qui sont présentes de façon régulière dans ces sites. Les mesures décrites dans le plan vont également entraîner des avantages pour d’autres espèces régulièrement présentes dans le PNPP et les LHNN pour lesquelles il existe des préoccupations quant à leur conservation.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2010)

    Sur recommandation du ministre de l’Environnement, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2011)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril: Espèces terrestres, décembre 2009 (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 1 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 1 mars 2011 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Descriptions dans la Gazette du Canada sur l'habitat essentiel