Profil d'espèce

Lupin d’Orégon

Nom scientifique : Lupinus oreganus
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2008
Dernière désignation du COSEPAC : Disparue du pays
Statut de la LEP : Annexe 1, Disparue du pays


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Image de Lupin d’Orégon

Taxinomie

Deux variétés de lupin d’Orégon sont reconnues : la variété kincaidii et la variété oreganus. Comme l’espèce n’est représentée au Canada que par sa variété oreganus, le nom de lupin d’Orégon est utilisé ici sans préciser la variété.

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Description

Le lupin d’Orégon est une espèce vivace de la famille des légumineuses qui atteint de 40 à 80 cm de hauteur. La plante est ramifiée à la base, où des feuilles persistent après la floraison. Les feuilles de la tige sont composées de 9 à 11 segments, appelés « folioles », mesurant de 2,5 à 4 cm et se terminant par une pointe aiguë. Les feuilles, d’un vert profond, sont souvent dépourvues de poils sur le dessus. La plante comporte une ou plusieurs tiges non ramifiées, couvertes de petits poils et portant à leur sommet des fleurs odorantes de couleur crème jaunâtre, souvent avec du bleu sur les pétales inférieurs. D’une longueur de 9 à 12 mm, les fleurs sont portées par une petite queue, appelée « pédicelle », mesurant de 4 à 10 mm de long. Avec leurs cinq pétales, elles présentent une structure asymétrique formant deux lèvres, comme les fleurs du pois. Le pétale supérieur, appelé « étendard », est nettement gaufré et légèrement recourbé vers l’extérieur. Les fleurs sont regroupées en une inflorescence en forme de grappe verticale non serrée. Chaque grappe compte plusieurs rangées de fleurs, disposées en cercles de plus en plus petits qui se succèdent le long d’un axe central prolongeant la tige. Le fruit est une gousse mesurant de 2 à 3 cm de long. Cette espèce se distingue aisément des autres lupins présents dans son habitat par la faible hauteur de la plante, ses inflorescences non ramifiées, son étendard plissé ou gaufré, et ses feuilles à long pétiole et sans poils sur le dessus.

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Répartition et population

Le lupin d’Oregon ne se rencontre que dans une bande étroite située à l’ouest des monts Cascades, depuis le comté de Douglas, en Oregon, jusqu’au comté de Lewis, dans l’état de Washington, et au sud de la Colombie-Britannique. Au Canada, l’espèce a été répertoriée pour une seule localité, située dans la région de Victoria-Oak Bay, sur l’île de Vancouver. Cette population est aujourd’hui disparue. Au Canada, le lupin d’Orégon a été récolté seulement sept fois, la dernière fois étant en 1929, toujours dans la même région. L’espèce n’a pas été recensée depuis malgré les vastes relevés botaniques réalisés dans le sud-est de l’île de Vancouver au cours des dernières décennies. La population la plus proche du site de la population historique du Canada se trouve à 260 km au sud, dans le comté de Lewis, dans l’état de Washington. Compte tenu de la faible capacité de dispersion de l’espèce, il est peu probable que la population canadienne se rétablisse naturellement à partir de graines en provenance des États-Unis.

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Habitat

Le lupin d’Orégon pousse dans les prairies et autres terrains dégagés, comme les chênaies clairsemées. Ces milieux se composent principalement d’espèces graminées courtes formant des touffes compactes et d’herbacées à feuilles larges. L’espèce ne peut survivre longtemps à l’ombre. Les sols humides ou plutôt secs sur lesquels elle pousse sont acides, pauvres en nitrates et peu fertiles. Le lupin d’Orégon dépend d’un climat de type subméditerranéen à étés secs, que l’on trouve, au Canada, uniquement dans le sud-est de l’île de Vancouver et dans quelques-unes des îles Gulf voisines.

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Biologie

Le lupin d’Orégon est une espèce vivace qui fleurit d’avril à juin. Aux États-Unis, là où elle est encore présente, la plante entre en dormance en juillet, en réponse à la sécheresse, et se fane avant la mi-août. La fleur du lupin est dotée d’un mécanisme à fonction de pompe ou de piston qui favorise la pollinisation croisée par les insectes qui est essentielle à la production de fruits et de graines. Ses pollinisateurs seraient de petits membres de la famille des abeilles, dont le bourdon et l’abeille domestique. Les graines ne sont dotées d’aucun mode de dispersion particulier. Lorsque la gousse est sèche, elle s’ouvre brutalement en projetant les graines. En plus de se reproduire à l’aide de graines, la plante peut s’étendre par ses tiges souterraines, appelées « rhizomes », et former une grande colonie constituée de clones. Ainsi, des individus séparés par une distance de 10 m peuvent être enchevêtrés par leurs rhizomes. Le lupin d’Orégon est attaqué par plusieurs insectes. Les larves de plusieurs espèces de charançons se nourrissent des racines et des tiges, tandis que des punaises, des cicadelles et des pucerons se nourrissent de la sève. Certaines chenilles, comme celles du bleu argenté, peuvent causer des défoliations importantes chez cette espèce. Le lupin d’Orégon vit en symbiose avec des bactéries capables de fixer l’azote atmosphérique. Cette relation mutuellement bénéfique peut être très importante pour l’établissement et la croissance du lupin dans les sols pauvres en nitrates. Comme les terrains élevés des prairies sont secs et pauvres en éléments nutritifs, cette association avec des bactéries lui donnerait un avantage compétitif. Le lupin d’Orégon peut vivre plus de 25 ans.

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Raison de la disparition du pays

Les facteurs actuels menaçant le secteur pour lequel l’espèce est répertoriée sont la perte de l’habitat causée par l’urbanisation, la diminution de la qualité de l’habitat causée par la propagation d’espèces envahissantes, l’utilisation accrue à des fins récréatives et la suppression des incendies. Au Canada, la perte d’habitat était la principale menace dans le passé, mais bon nombre des dernières parcelles d’habitat dans la région de Victoria-Oak Bay se trouvent aujourd’hui à l’intérieur de parcs municipaux ou régionaux où elles sont, pour l’heure, à l’abri de l’aménagement. En revanche, la menace liée aux espèces envahissantes et à la lutte contre les incendies de végétation ne s’est pas atténuée et s’est même, dans certains cas, accentuée. En effet, près du tiers de la superficie des prés maritimes a été transformée par la présence d’arbustes et d’arbres exotiques, et le reste est en voie d’être envahi. Outre les facteurs menaçant son habitat, les principaux obstacles au rétablissement du lupin d’Orégon au Canada sont les activités ayant cours dans les parcs, notamment le fauchage et les activités récréatives donnant lieu à du piétinement. Dans la région de Victoria-Oak Bay, on fauche encore de grandes parties des prés maritimes pour des raisons d’esthétisme ou comme protection contre la propagation du feu. En plus de causer des dommages directs aux plantes, le fauchage incite les visiteurs à se promener plus librement qu’ils ne le feraient autrement.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Lupin d’Orégon est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Colombie-Britannique, l’espèce n’est protégée par aucune loi provinciale.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la lupin d’Orégon (Lupinus oreganus) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de l'écosystème des chênes de Garry

  • Conan Webb - Président/Contact - Agence Parcs Canada
    Tél. : 250-478-5153  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Lupin d’Orégon Lupinus oreganus au Canada (2009)

    Le lupin d’Orégon (Lupinus oreganus) est une espèce vivace longévive de la famille des fabacées. Ses fleurs sont odorantes, crème jaunâtre, souvent avec du bleu sur les pétales inférieurs (carène). Le pétale supérieur (étendard) est légèrement réfléchi et nettement gaufré. La lèvre supérieure du calice est courte, mais n’est pas cachée par l’étendard, lorsque la fleur est vue de dessus. Les folioles, plutôt d’un vert profond, ont souvent le dessus glabre. La plante atteint 40 à 80 cm de hauteur. Elle peut comporter une seule ou plusieurs tiges florifères non ramifiées et possède des feuilles basilaires qui persistent après la floraison.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Lupin d’Orégon (2009)

    Le lupin d’Orégon (Lupinus oreganus) est une espèce vivace longévive de la famille des fabacées. Ses fleurs sont odorantes, crème jaunâtre, souvent avec du bleu sur les pétales inférieurs (carène). Le pétale supérieur (étendard) est légèrement réfléchi et nettement gaufré. La lèvre supérieure du calice est courte, mais n’est pas cachée par l’étendard, lorsque la fleur est vue de dessus. Les folioles, plutôt d’un vert profond, ont souvent le dessus glabre. La plante atteint 40 à 80 cm de hauteur. Elle peut comporter une seule ou plusieurs tiges florifères non ramifiées et possède des feuilles basilaires qui persistent après la floraison.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Lupin d’Orégon (2009)

    L’espèce n’a été recensée que dans la baie Oak, à Victoria en Colombie-Britannique, où elle a été récoltée pour la première fois en 1924. Le dernier enregistrement démontrant son existence au Canada consiste en une collecte réalisée dans la même région en 1929. L’espèce n’a pas été recensée depuis, malgré les vastes relevés botaniques réalisés dans le sud-est de l’île de Vancouver au cours des dernières décennies.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la lupin d’Orégon (Lupinus oreganus) au Canada (2013)

    En 2008, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), après avoir évalué la situation du lupin d’Orégon (Lupinus oreganus Heller) au Canada, a établi que cette espèce est disparue du pays, et, en 2011, la population canadienne de lupin d’Orégon a été inscrite sur la liste des espèces disparues du pays en vertu de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2010)

    Sur recommandation du ministre de l’Environnement, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil accuse réception, par la prise du présent décret, des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) relativement aux espèces mentionnées à l’annexe ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2011)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2009 (2009)

    Le rapport annuel de 2009 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril: Espèces terrestres, décembre 2009 (2009)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 1 mars 2010 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 1 mars 2011 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.